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"C'est un nouveau désastre" : malgré l'interdiction, des agriculteurs continuent à allumer des feux dans la forêt amazonienne

Les autorités brésiliennes ont pris la décision d'interdire les feux dans la forêt amazonienne. Mais malgré cela, les agriculteurs d'un petit village continuent à faire des feux en forêt. Au Brésil, Jean-Pierre Martin et Thomas Decupere décrivent la situation.

Des petites flammes peuvent dévaster la forêt. Francisco Fernandez, agriculteur, défriche une parcelle qu'il veut cultiver. Pour y arriver, il n'a que ses mains, une machette et le feu qu'il prétend maîtriser malgré le danger. "A cette saison, oui, c'est dangereux, car tout est sec, mais je prends des précautions", explique-t-il.

Le bilan des incendies de ces dernières semaines dans la forêt amazonienne n'est pas encore définitivement établi, mais c'est un nouveau désastre qui met en cause la responsabilité des autorités et cette méthode du "brûlis" qui en principe est interdite.

"Nous ici, nous n'avons pas de machine. Le gouvernement ne nous aide pas parce que si nous avions des engins de bûcheronnage, nous n'utiliserions pas le feu. Mais c'est trop cher", confie Evandro Alzemira, chef de la communauté de Lago do Limao.

Un kilomètre plus loin, trois agriculteurs ont fait le même travail, mais avec un bulldozer et des tronçonneuses qui ont coûté plusieurs mois de salaire.

 
A Lago do Limao, les villageois s'étonnent de notre intrusion. Ces agriculteurs ont appris à domestiquer la forêt.

Les plus jeunes, plus conscientisés par l'environnement, nous font part de leurs inquiétudes. "Cela nous affecte autant que les animaux, car ils représentent la forêt et s'ils meurent, c'est tout qui disparaît. Et plus il y a ces fumées que l'on respire", lance Paola.

"Le président brésilien devrait tenir compte du monde. Il a, je crois, voulu refuser l'aide de pays qui voulaient nous aider. Nous, on aimerait bien bénéficier de cette aide pour l'environnement, pour la nature. On en a besoin pour survivre", estime Fernanda.

Ce village situé à une quarantaine de kilomètres de la ville de Manaus semble surgir d'un autre temps. Ici, il n'y a aucun grand propriétaire, aucun élevage intensif... Juste des petits agriculteurs qui ont, pour survivre, apprivoisé l'Amazonie.

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