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"Gilets jaunes": des faux blessés contre l’usage du LBD à Besançon

Laurent Thines, le chef du service de neurochirurgie à Besançon, qui a lancé une pétition contre les armes sublétales, pose avec une balle en caoutchouc de 40 millimètres lors d'un rassemblement à BeSébastien BOZON

Grimés de faux sang, environ 350 "gilets jaunes" ont participé samedi à un rassemblement à Besançon pour un hommage aux blessés du mouvement et dire "stop aux LBD, grenades et mutilations", a constaté une correspondante de l'AFP.

Sous une bruine persistante, les manifestants, portant des bandages rougis de peinture sur les mains pour les mutilés, sur un œil pour les éborgnés, autour de la tête pour les traumatisés crâniens, se sont allongés de longues minutes sur les pavés d'une place du centre-ville avant de se relever en chantant la Marseillaise.

Au micro, Laurent Thines, chef du service de neurochirurgie à Besançon, a énuméré les prénoms de personnes "touchées, depuis 1999 par ces armes sub-létales", comme les lanceurs de balle de défense (LBD).

"Les mutilations que nous avons constatées, nous personnel soignant, sont des blessures qui s’apparentent à des blessures de guerre", a expliqué le professeur, à l'origine d'une pétition contre l'utilisation des LBD qui a réuni plusieurs dizaines de milliers de signatures sur internet.

"Les choses se sont accélérées depuis le 17 novembre", a-t-il poursuivi, rappelant notamment que la France avait récemment été interpellée par le Conseil de l'Europe et l'Onu sur l'utilisation de ces armes controversées.

"Tous ces cris d’alarme n’ont reçu que le déni et le mépris en échos", a dénoncé Laurent Thines sous les applaudissements de la foule.

"Le pire, c’est de m’être battu pour la France et que la France m’ait tiré dessus", a regretté le Jurassien Alain Hoffmann, drapeau bleu-blanc-rouge en main et médailles militaires agrafées à la poitrine.

Cet ancien militaire de 53 ans porte une importante cicatrice à la gorge, "d'un tir de LBD40, le 1er décembre à Paris lors de l’acte 3" des "gilets jaunes". "Nous étions pacifiques, ils nous ont transformés en loup", a-t-il estimé.

Après ce "die-in", les manifestants ont défilé à Besançon pour leur acte 17.

Depuis le début du mouvement, plus de 13.000 tirs de LBD ont été enregistrés et 83 enquêtes concernant des tirs de cette arme controversée sont en cours, a déclaré jeudi le secrétaire d'Etat à l'Intérieur, Laurent Nuñez.

Au total, 2.200 manifestants ont été blessés et près de 1.500 côté forces de l'ordre dans le cadre de la mobilisation des "gilets jaunes", selon cette même source.

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