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"Gilets jaunes": l'enquête sur la blessure à l'oeil de Jérôme Rodrigues confiée à des juges

L'une des figures des "gilets jaunes", Jérôme Rodrigues, avant le départ du défilé contre les violences policières à Paris, le 2 février 2019 FRANCOIS GUILLOT

L'enquête sur la grave blessure à l'œil de Jérôme Rodrigues, une des figures des "gilets jaunes", et sur la blessure d'un autre manifestant lors du rassemblement du 26 janvier à la Bastille, a été confiée mercredi à des juges d'instruction, a annoncé vendredi le parquet de Paris.

Au terme de son enquête préliminaire, confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), le parquet de Paris a ouvert mercredi une information judiciaire pour des "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique avec arme" sur ces deux hommes.

Des juges d'instruction du tribunal de Paris vont désormais poursuivre les investigations et les deux hommes pourront avoir accès et participer à la procédure.

Sur Facebook, Jérôme Rodrigues a annoncé mercredi avoir perdu l'usage de son œil, ce qui pourrait entraîner une requalification criminelle de l'enquête.

Cette mutilation a-t-elle été causée par un éclat de grenade ou par un projectile tiré d'un Lanceur de balles de défense (LBD), comme l'affirme M. Rodrigues ?

La blessure de cet ancien commerçant de 39 ans, compagnon de route d'une autre figure du mouvement de contestation Éric Drouet, a relancé la controverse sur l'usage du LBD, arme accusée d'avoir éborgné plusieurs manifestants et dont l'usage fait l'objet d'une polémique croissante.

Les autorités avaient d'abord contesté tout usage d'une telle arme, dont les tirs sont désormais filmés, à l'heure des faits place de la Bastille.

Mais une vidéo amateur et un rapport ultérieur d'un policier d'une compagnie de sécurisation et d'intervention (CSI) avaient confirmé le tir au moment où M. Rodrigues a été blessé, sans toutefois établir formellement un lien avec la blessure.

Au même moment, une grenade de désencerclement avait explosé à proximité de lui.

Mercredi, BFMTV a affirmé que, selon les expertises, le sang retrouvé sur la balle de LBD remise par son avocat à l'IGPN, la "police des polices", n'était pas celui de M. Rodrigues.

Selon le collectif militant "Désarmons-les", 20 personnes ont été gravement blessées à l'œil -la plupart éborgnées- par la police depuis le début du mouvement des "gilets jaunes" le 17 novembre.

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