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"Marche blanche" à Cagnes-sur-Mer en hommage à Salomé

Marche à la mémoire de Salomé à Cagnes-sur-Mer, le 7 septembre 2019YANN COATSALIOU

"Je suis là pour que ça s'arrête": comme Liliane, 69 ans, plus de cinq cents personnes se sont rassemblées samedi à Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes) pour une marche silencieuse en hommage à Salomé G., 21 ans, tuée une semaine plus tôt et présentée comme la centième victime d’un féminicide en France en 2019.

De nombreux participants ont défilé avec de petites affichettes portant les prénoms des différentes femmes tuées en France depuis le début de l'année. D’autres portaient de grandes pancartes, comme Liliane, venue de Valbonne avec une revendication, la "castration chimique des auteurs de féminicide".

"Je suis là pour que ça s’arrête, que les gens soient punis pour de bon, il n’y a pas de justice, c’est pas normal", explique cette femme touchée, comme beaucoup d’habitants de la région, par ce meurtre qui a eu lieu en pleine rue, près de la gare, sous les yeux de certains riverains.

Cette marche, qui s’est achevée devant les marches menant à la mairie, avait été organisée à l’initiative du maire LR Louis Nègre et de la députée LR de la circonscription, Laurence Trastour-Isnart. La famille de la victime était présente.

"Vous êtes venus pour rendre hommage à Salomé, mais je vois que vous êtes venus aussi pour Céline, pour Antoinette, pour les 103, parce que aujourd’hui on en est à 103", a déclaré Louis Nègre en s’adressant à la foule. "Le corps social que vous représentez doit se mobiliser, sinon on arrivera à 104, à 105, à 106, et votre présence est un message que nous envoyons au-dessus pour que des décisions soient prises" a-t-il ajouté.

"Salomé était une jeune fille pleine de vie, souriante, nous venons de rencontrer ses parents et sa maman a dit quelque chose de très fort, que Salomé serait là devant, au premier rang, parce que c’était une militante, une jeune fille qui défendait les femmes", a souligné Laurence Trastour-Isnart, citant encore les propos confiés par la mère de la victime : "J’ai mis neuf mois à la porter, il a mis neuf mois à la faire mourir".

Amin M., le petit ami de la victime mis en cause dans cet homicide, a été mis en examen de "meurtre par conjoint" et placé en détention provisoire. Deux enquêtes sont menées en parallèle par l’IGPN sur les conditions d’intervention de la police nationale le soir des faits.

Samedi matin, à Nice cette fois, environ 150 personnes s’étaient rassemblées place Garibaldi pour rendre elles aussi hommage à Salomé, à l’appel du collectif 06 pour les droits des femmes.

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