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#Metoo sud-coréen: un cinéaste porte plainte contre un groupe féministe

#Metoo sud-coréen: un cinéaste porte plainte contre un groupe féministe
Le réalisateur sud-coréen Kim Ki-duk, le 17 février 2018 à BerlinJohn MACDOUGALL

Le réalisateur sud-coréen Kim Ki-duk accusé d'abus sexuels a porté plainte contre un groupe de défense des droits des femmes pour les "dégâts" infligés à sa réputation, a-t-on appris jeudi auprès d'un greffe de Séoul.

M. Kim, 58 ans, est l'un des plus grands cinéastes de Corée du Sud. Il a obtenu en 2012 le Lion d'Or du meilleur film au festival de Venise pour "Pieta" ou encore l'Ours d'argent à Berlin pour "Samaria" en 2004.

En 2017, une actrice qui a demandé l'anonymat l'a accusé d'abus sexuels et physiques lors du tournage du film "Moebius", en la giflant et en la forçant à filmer des scènes de nu et de relations sexuelles qui ne figuraient pas dans le script.

Le parquet avait classé sans suite les accusations d'abus sexuels en citant le manque de preuves. Mais le cinéaste s'était vu infliger cinq millions de wons d'amende (4.000 euros) pour agression physique au terme d'une procédure permettant de régler les affaires mineures sans passer par la case procès.

Le mois dernier, le réalisateur a porté plainte contre Womenlink, association influente de défense des droits des femmes de Séoul qui avait fait campagne au nom de l'actrice, réclamant 300 millions de wons (235.000 euros) de dommages et intérêts, a expliqué à l'AFP une porte-parole du tribunal du district ouest de Séoul.

M. Kim affirme que sa réputation "a été endommagée de manière significative", en particulier lorsque le groupe a demandé au festival international Yubari du film fantastique, au Japon, d'annuler une invitation à y participer, selon Womenlink.

Le réalisateur accuse également le groupe de l'avoir "stigmatisé de manière injuste en tant que prédateur sexuel", lui causant des torts financiers, certains de ses films ayant été privés de distributeurs en Corée du Sud et à l'étranger pour cette raison.

La déferlante mondiale #MeToo est aussi arrivée en Corée du Sud, société profondément patriarcales, avec des révélations d'abus commis par des personnalités.

"La personne qui a porté atteinte à la réputation de Kim Ki-duk est est Kim Ki-duk lui-même", a réagi Womenlink. "Il ternit encore sa propre réputation en portant plainte contre une organisation qui soutient les victimes" de violences sexuelles.

Le groupe fait valoir que les plaintes pour diffamation et les demandes de dédommagements sont une tactique courante en Corée du Sud pour faire taire les victimes.

Le parquet sud-coréen a récemment classé sans suite une plainte en diffamation du réalisateur contre l’actrice et des journalistes ayant fait état d'accusations contre lui.

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