En ce moment
 
 

"Nous aussi on est des flics": la police scientifique manifeste à Paris pour son statut

Manifestation de la police technique et scientifique à Paris, devant le Louvre, le 15 janvier 2020 STEPHANE DE SAKUTIN

A découvrir

"Nous aussi on est des flics": plusieurs centaines de fonctionnaires de la police technique et scientifique ont manifesté mercredi à Paris en blouse blanche et gants bleus pour réclamer un statut semblable à celui des agents armés, a constaté une journaliste de l'AFP.

"Nous avons un statut ambigu alors que la plupart des gens ici ont fait du terrain, ont été confrontés à des criminels et voient régulièrement des cadavres", a expliqué un fonctionnaire de la police scientifique de Marseille, venu avec une trentaine de collègues. Autour de son cou est accrochée une pancarte: "À Charlie Hebdo, j'y étais aussi".

Derrière leurs pancartes "Je suis flic", "Une police unie, un statut unique" ou "Mon métier n'est pas dangereux, pourtant j'ai un gilet pare-balles", tous réclament un statut "d'actif", semblable à celui des agents armés de la police nationale, qui ouvre notamment des droits à un départ anticipé à la retraite.

Selon Soazig Henrio, membre du Syndicat national indépendant des personnels administratifs techniques et scientifiques (Snipat), la police technique et scientifique (PTS) est considérée comme "un métier sédentaire", semblable à du secrétariat ou de la comptabilité.

Alors que c'est un "métier extrêmement pénible" avec "beaucoup d'astreintes", poursuit Soazig Henrio, vêtue d'une blouse avec de fausses traces du sang.

"Nous voulons que la dangerosité et la pénibilité de notre travail soient reconnues", ajoute-t-elle, alors que son syndicat a lancé depuis le 23 décembre un mouvement de grève reconductible inédit.

Après Lyon samedi, les policiers techniques et scientifiques ont manifesté dans la capitale, de l'Assemblée nationale jusqu'à la place Saint-Augustin en chantant "Les experts en colère, on n'est pas des sédentaires" ou "Castaner t'es foutu, tes experts sont dans la rue".

À mi-chemin, ils se sont arrêtés devant le Carrousel du Louvre pour mettre en place une fausse scène de crime, entourée d'une banderole jaune, "pour montrer notre quotidien".

"Le ministère ne semble toujours pas saisir la réalité de notre quotidien, on nous considère comme du personnel administratif, comme un bibliothécaire", a dénoncé un fonctionnaire de la PTS de Versailles, se présentant sous son seul prénom, Jonathan.

Vos commentaires