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"Nous n'oublierons jamais": les motards défilent à Washington pour les anciens combattants

Des milliers de motards se rassemblent près du Pentagone avant le défilé annuel du "Rolling Thunder" rendant hommage aux soldats américains morts et disparus au combat, le 27 mai 2018 à WashingtonEric BARADAT

Bandanas, chapeaux de cowboys ou casques rutilants, des dizaines de milliers de motards ont convergé dimanche sur Washington pour défiler en hommage aux soldats américains encore portés disparus au combat, avec le même mot d'ordre depuis trente ans: "Nous n'oublierons jamais".

"Il y a encore des familles aux Etats-Unis qui attendent sans savoir où leurs pères, leurs frères, sont. Ils ne savent pas s'ils sont encore au Vietnam, s'ils sont encore vivants, morts ou capturés", explique à l'AFP Jack Richardson, qui, à 73 ans, a traversé pour la 13e fois cette année les Etats-Unis depuis la Californie pour venir participer à ce spectaculaire cortège pétaradant baptisé "Rolling Thunder".

Veston en cuir décoré de nombreux patchs colorés, cet ancien du Vietnam attend avec des milliers d'autres dans un parking près du Pentagone le début du défilé, qui traverse le centre de Washington autour du Mall et son célèbre mur marqué de près de 60.000 noms de soldats américains morts durant la guerre du Vietnam.

"Nous continuerons à rouler tant que nous n'aurons pas ramené tout le monde à la maison", lance le septuagénaire.

Selon les organisateurs, plus de 85.000 soldats américains n'ont jamais été retrouvés. Mais en plus des disparus, les motards anciens combattants tiennent à rendre hommage à leurs anciens compagnons tombés au combat avec ce rendez-vous annuel, lancé en 1988 avec moins de 3.000 participants.

C'est ce qui a poussé Mel Goudge à entreprendre pour la première fois, à 76 ans, la traversée longue de dix jours depuis l'Etat de Washington sur la côte Ouest. Une expérience "difficile" pour ce vétéran du Vietnam, mais qu'il tenait à accomplir.

"C'est un pèlerinage", confie-t-il. "J'ai grandi avec un ami qui vivait de l'autre côté de la rue et il a été abattu en 1968, le 25 novembre, alors j'avais besoin d'aller jusqu'au mur et de toucher son nom".

Si entre cafés, drapeaux américains et souvenirs de guerre la plupart se refusent à parler politique, la foule penche plutôt du côté républicain et Donald Trump, venu les voir en mai 2016 en pleine campagne électorale, s'était retrouvé en terrain conquis.

Le président américain a d'ailleurs tweeté son appréciation avant la manifestation. "Fantastique d'avoir 400.000 HOMMES ET FEMMES FANTASTIQUES du Rolling Thunder à Washington montrant leur patriotisme. Ils aiment notre Pays, ils aiment notre Drapeau, ils défendent notre Hymne National!" a-t-il écrit dimanche matin.

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