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"Otages à Entebbe": le raid israélien porté à l'écran sous tous les angles

De gauche à droite les acteurs Daniel Bryhl et Ben Schnetzer, le réalisateur Jose Padilha et la productrice Kate Salomon lors d'une présentation de "7 Days In Entebbe" ("Otages à Entebbe") à New YorkANGELA WEISS
ISRAEL

Porté plusieurs fois à l'écran, le raid israélien d'Entebbe pour libérer des otages en 1976 est l'objet d'un nouveau film, en salles mercredi, du Brésilien José Padilha ("Troupe d'élite") qui s'écarte de la version militaire pour offrir plusieurs points de vue sur cette opération entrée dans l'histoire.

"J'ai fait énormément de recherches car l'histoire officielle est du point de vue militaire", expliquait Padilha en février lors du festival du film de Berlin.

Le raid d'Entebbe a eu lieu dans la nuit du 3 au 4 juillet 1976. Des commandos d'élite israéliens ont mené une opération spectaculaire sur l'aéroport ougandais, libérant les passagers d'un vol d'Air France détourné par des Palestiniens et des Allemands sept jours plus tôt.

Fait notable: sur les 250 passagers, les pirates en avaient libéré une partie mais retenu les Israéliens ou ceux de confession juive, ainsi que les membres d'équipage (105 personnes au total).

Optant pour une narration éclatée, Padilha s'attache autant aux passagers qu'aux hommes politiques en Israël devant décider de l'action à mener (il filme l'affrontement feutré entre le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin et le ministre de la Défense de l'époque, Shimon Peres).

A l'époque, le gouvernement israélien fit mine de négocier et sembla sur le point de céder aux exigences des pirates de l'air avant d'entreprendre cette opération militaire d'envergure.

Le film illustre "combien il est difficile pour un homme politique de négocier". Et, "dans le conflit actuel (israélo-palestinien) il est difficile de négocier, c'est toujours vrai", soulignait Padilha.

Il s'attarde également sur les preneurs d'otages (deux Palestiniens et deux militants d'extrême gauche allemands, interprétés par Daniel Brühl de "Good bye Lenin!" et Rosamund Pike de "Gone girl").

Pour préparer ce long-métrage, basé sur un livre, José Padilha s'est aussi rendu en Israël et a rencontré d'anciens otages d'Entebbe.

Pour la scène du raid en elle-même, il a réalisé un montage audacieux entre la séquence militaire à proprement parler et une séquence de danse moderne, ayant de fortes ressemblances avec l'opération.

Présent à Berlin, l'ingénieur-mécanicien de l'avion d'Air France Jacques Lemoine a apporté tout son soutien au film. "Nous étions trois générations à le regarder et notre avis était unanime: ça correspond très bien à ce qui s'est passé".

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