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"Shutdown" oblige, des volontaires américains se mobilisent dans les parcs nationaux

Sabra Purdy vient de rentrer du parc national de Joshua Tree, en Californie. C'est la saison haute, il était plein de touristes et pour éviter le chaos en plein "shutdown", elle a mis des gants, nettoyé les toilettes et ramassé les ordures.

Avec d'autres membres de la petite communauté qui vit du tourisme autour de ce parc de 3.200 kilomètres carrés, cette entrepreneuse de 40 ans s'est organisée pour assurer quelques services de base. Le but: maintenir un semblant de normalité en attendant une issue à la paralysie partielle des administrations fédérales, en vigueur depuis le 22 décembre à minuit.

Des centaines de milliers de fonctionnaires sont depuis au chômage forcé et sans salaire, y compris les plus de 21.000 employés du National Park Service (NPS), responsables de centaines de lieux à travers le pays entre parcs nationaux, monuments, sites historiques - et même la Maison Blanche.

Le NPS a annoncé qu'il "n'assurerait pas le fonctionnement des parcs pendant le shutdown et ne fournirait pas de services aux visiteurs", y compris "les toilettes, le ramassage d'ordures, l'entretien des routes et installations".

La communauté de Joshua Tree a alors décidé de se retrousser les manches pour ce parc où convergent deux déserts, connu pour ses magnifiques arbres de Josué et ses énormes monolithes de granit.

Des dizaines de volontaires s'affairent donc pour nettoyer les WC, remettre du papier toilette et ramasser les déchets.

Mme Purdy, qui organise des randonnées depuis huit ans avec son époux Seth Zaharias, dit avoir vu du désordre lorsqu'elle est entrée dans le parc vendredi, mais "pas de chaos".

"Il y avait beaucoup de gens avec des chiens" alors que ces derniers sont interdits dans certaines zones, "ou qui campaient là où ils ne doivent pas le faire. Mais c'est sûr, ça pourrait être pire", raconte-t-elle.

- Pas le premier shutdown -

Les volontaires en profitent pour orienter les touristes et leur expliquer les règles.

"Ce n'est pas notre premier shutdown et ce ne sera probablement pas le dernier", lâche Mme Purdy.

Tout l'approvisionnement vient de la poche des entrepreneurs locaux, mais quelques dons commencent à arriver.

"Il y a quelque 150 WC dans le parc; j'estime que nous avons distribué plus de 500 rouleaux de papier toilette et je ne crois pas que nous ayons atteint tous les WC, seulement les plus importants", dit à l'AFP John Lauretig, directeur exécutif de l'ONG Friends of Joshua Tree.

"Nous faisons de notre mieux pour maintenir un semblant de normalité, mais nous n'avons pas l'autorité ou le pouvoir d'empêcher une personne qui conduirait en dehors des chemins dédiés, qui couperait un arbre ou volerait des objets", explique-t-il.

Pour l'instant et à sa connaissance, rien de cela n'est arrivé, mais "la possibilité est là", avertit-il, d'autant plus qu'entre Noël et le jour de l'An, c'est la période la plus fréquentée.

En 2013, le parc avait fermé pendant 17 jours en raison d'une paralysie budgétaire.

"Ce fut financièrement dévastateur pour nous", se souvient Mme Purdy.

"Les gens ont arrêté de venir, les restaurants locaux et les commerces ont dû se séparer d'employés, ils les avaient renvoyés chez eux parce qu'il n'y avait plus d'argent, plus de visiteurs", dit de son côté M. Lauretig.

En décembre 2017, le parc a accueilli 285.493 visiteurs. Sur les onze premiers mois de 2018, 2,4 millions de touristes s'y sont rendus.

Dans le pays, d'autres parcs ont totalement fermé, d'autres opèrent partiellement. En Californie, les populaires Death Valley et Channel Islands sont restés ouverts.

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