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"Stan & Ollie", portrait intimiste et mélancolique de deux génies de la comédie

Photo non datée et non située des comédiens américains Stan Laurel (g) et Oliver HardySTF

Ils ont raccroché leurs chapeaux melon depuis plus de 60 ans mais Stan Laurel et Oliver Hardy demeurent le duo comique le plus efficace de l'histoire du cinéma, porté par une alchimie unique qu'évoque "Stan & Ollie", centré sur leur relation et une fin de carrière difficile.

C'est la première fois qu'un cinéaste s'attaque à cette association mythique, qui évoque encore quelque chose aux "millenials" même si beaucoup n'ont vu aucun de leurs films.

Avec Buster Keaton et Charlie Chaplin, Stan Laurel et Oliver Hardy incarnent l'âge d'or du cinéma muet, à la fin des années 20, mais aussi les débuts du parlant, jusqu'à devenir des vedettes mondiales au milieu des années 30.

Mais ce sont deux héros vieillis, fatigués, en quête d'un dernier tour de piste au cinéma qu'a choisi de dépeindre le réalisateur Jon S. Baird, plutôt que le duo au faîte de sa gloire.

Hollywood a tourné la page Laurel et Hardy depuis 1944, mais les deux partenaires s'accrochent, quitte à entamer une tournée de théâtres en Angleterre, en 1953, à plus de 60 ans chacun.

C'est l'heure des désillusions, des salles aux deux tiers vides, qui finissent par faire renaître des tensions entre "El Gordo y El Flaco" (le gros et le maigre), comme ils sont surnommés dans le monde hispanophone.

L'occasion d'explorer au plus près cette relation d'exception qu'il a fallu, pour partie, imaginer, car si les écrits et les témoignages existent, ni l'un ni l'autre ne se sont jamais livrés publiquement sur leur intimité.

"Il ne s'agissait pas de refaire leurs films, parce qu'ils existent déjà", ou de "raconter ce qu'on peut trouver sur Wikipédia en dix secondes sur son téléphone", a expliqué John C. Reilly, déjà remarqué dans "Chicago" et "Gangs of New York" qui interprète Oliver Hardy, lors d'une table ronde début décembre dans un centre culturel de New York.

"Ça portait sur des choses que personne ne savait à part eux", a-t-il ajouté au sujet du film qui sort vendredi aux Etats-Unis et le 6 mars en France.

- "Alchimie" -

Très convaincants, John C. Reilly et Steve Coogan parviennent à donner vie à ce duo, dans la vie et sur scène: d'un côté le Britannique Stan Laurel, bourreau de travail qui a écrit l'essentiel des sketches et des numéros de Laurel et Hardy, de l'autre l'Américain Oliver Hardy, épicurien mais emprisonné dans son physique encombrant.

Les deux unis par un goût immodéré pour la comédie, dans la vie comme à l'écran, et pour les femmes, avec une série de mariages à la clef de part et d'autre.

"L'alchimie est un truc dont les gens parlent comme d'une pluie mystérieuse qui tomberait sur quelques élus", s'est amusé John C. Reilly. "Mais en réalité, ça se trouve, et Steve et moi avons réussi de la même façon que Laurel et Hardy, en faisant confiance à l'autre, en découvrant qui il est, en étant là pour lui, en l'aidant à se relever quand il est à terre."

"Je ne voulais pas que ce (film) soit une tache sur la mémoire de Laurel et Hardy", a raconté John C. Reilly, emphatique. "Ces gens sont tellement importants pour moi et ont tant influencé ma sensibilité esthétique."

"Pour moi, la question n'était pas seulement d'apparaître sous un jour favorable ou de faire un bon boulot d'acteur", a-t-il insisté. "Nous avons fait ce film en grande partie pour rendre hommage à ces types qui n'avaient pas eu la reconnaissance qu'ils méritaient de leur vivant."

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