"Stop Trump": des dizaines de milliers de personnes défilent à Londres

"#DumpTrump" ("Trump à la poubelle"): des dizaines de milliers de personnes ont défilé vendredi à Londres contre la visite de Donald Trump au Royaume-Uni, un "carnaval de la résistance" contre le président américain jugé "misogyne, homophobe, xénophobe".

Les organisations participants, People's Assembly ont fait état sur Twitter de "plus de 250.000 personnes", citant un chiffre donné par Len McCluskey, leader du principal syndicat britannique, Unite.

Interrogée à ce sujet par l'AFP, la police n'a pas souhaité communiquer sur le nombre de participants au défilé, qui a eu lieu alors que Donald Trump se trouvait hors de Londres pour des rencontres avec Theresa May à Chequers, la résidence de campagne des Premiers ministres britanniques, et avec la reine Elizabeth II à Windsor.

"Ceci est le carnaval de la résistance", "Même ma mère, qui aime pourtant tout le monde, ne peut pas t'encadrer", pouvait-on lire sur les nombreuses pancartes et banderoles brandies par les participants.

"Non à Trump, non au KKK (Klu Klux Klan, ndlr), non à l'Amérique fasciste!", chantaient-ils en descendant sous un soleil resplendissant l'artère commerçante d'Oxford Street pour se rendre à Trafalgar Square, en plein coeur de Londres, qui a fini noire de monde.

Là, des centaines de messages anti-Trump ont été accrochés sur un tableau, reflétant les sentiments des uns et des autres à l'égard du président américain et de sa politique: "Trump, gros naze", "Préférez la générosité et la compassion", "Boycottons les produits américains".

"C'est génial de voir tant de gens dénoncer son sectarisme", a déclaré Ahmed Hassan, un Britannique de 23 ans, en laissant un message sur le tableau: "Nous les immigrés, on bosse".

Dans la foule se trouvaient l'ancien leader de l'opposition travailliste Ed Milliband et Peter Tatchell, l'un des principaux militants britanniques des droits des homosexuels, tous deux derrière une banderole "Ensemble contre Trump".

"Nous sommes solidaires des citoyens américains qui s'opposent à la présidence Trump. Nous soutenons leur lutte pour l'égalité, la diversité et les droits de l'homme", a déclaré Peter Tatchell.

Dans la foule, certains frappaient sur des casseroles ou des poêles, d'autres jouaient de la trompette ou brandissaient des ballons orange, couleur destinée à moquer le teint du milliardaire américain.

La manifestation londonienne, divisée en deux marches, l'une de femmes, l'autre regroupant une coalition d'organisations, constitue le point d'orgue du mouvement de protestation contre la visite de Donald Trump au Royaume-Uni. Cette visite avait été longtemps différée par crainte de la réaction des détracteurs du président américain, ulcérés à l'idée que leur pays lui déroule le tapis rouge.

"Donald Trump est misogyne, chauvin, homophobe, xénophobe et promeut le sectarisme", énumère Georgina Rose, 42 ans, participante de la "Marche des femmes".

- "Immature", "raciste" -

Passant devant le 10, Downing Street, la résidence de la Première ministre britannique, des manifestants ont sifflé et crié: "Honte (à Theresa May)!", qui avait été la première dirigeante étrangère à se rendre à Washington pour rencontrer M. Trump après son investiture, début 2017.

Une vingtaine d'artistes drag queen ont pris part au défilé, dont Joey "Bourgeoisie" Frenette, 27 ans, originaire de Washington et installé au Royaume-Uni depuis huit ans.

"Je pense qu'il incarne une représentation particulièrement négative de ce que l'Amérique doit donner au monde", a-t-il déclaré.

Plus insolite: dans la matinée, un ballon géant représentant un Trump en couche-culotte a flotté près du Parlement, une initiative qui a reçu le feu vert du maire de Londres, le travailliste Sadiq Khan, objet de nombreuses attaques verbales du président américain.

"En tant qu'Américain, je trouve ça génial. C'est une façon pacifique de protester", a commenté Brett Kirchner, 25 ans, originaire de Caroline du Nord, sur la côte est américaine.

"Je pense que c'est hilarant", a dit de son côté Paul Fonseca, 23 ans. "C'est une exacte représentation de sa politique qui est tellement immature".

Vos commentaires