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332 amendes pour "outrage sexiste" depuis août, annonce Schiappa

332 amendes pour
La secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa à l'Assemblée nationale, le 27 novembre 2018 à ParisCHRISTOPHE ARCHAMBAULT

La nouvelle loi pénalisant les "outrages sexistes" a donné lieu à 332 amendes depuis son entrée en vigueur en août dernier, a annoncé mercredi la secrétaire d’État chargée de l'égalité femmes/hommes, Marlène Schiappa.

"Au 20 février 2019, 332 contraventions pour outrage sexiste ont été dressées (...) sur l'ensemble du territoire national", a précisé dans un communiqué Mme Schiappa. "Depuis six mois, les forces de l'ordre dressent des contraventions en flagrant délit pour tout agissement sexiste", afin que "les femmes puissent se réapproprier l'espace public", a-t-elle observé dans une communication rendue publique à l'issue du conseil des ministres.

Ce chiffre de 332 est "extrêmement élevé", et donne tort aux voix sceptiques qui pensaient "que ce serait une loi accessoire, ou qu'on ne réussirait pas à véritablement verbaliser le harcèlement de rue", selon Mme Schiappa.

Par cette loi, la France a été "le premier pays au monde à pénaliser le harcèlement de rue par des amendes", comprises entre 90 et 750 euros, a rappelé mercredi la secrétaire d’État. Par souci d'efficacité, le choix a été fait d'une procédure par verbalisation, qui ne passe pas par un dépôt de plainte, car les femmes sont trop souvent réticentes à une telle procédure, a-t-elle souligné.

Fin septembre, l'AFP avait fait état de la première condamnation en vertu de la nouvelle loi: elle concernait un homme de 30 ans, condamné à 300 euros d'amende pour s'en être pris à une femme de 21 ans dans un bus de Draveil, en région parisienne.

L'efficacité de la loi Schiappa contre les violences sexistes et sexuelles - adoptée l'an dernier et qui a, entre autres dispositions, instauré ces amendes - doit faire l'objet d'une évaluation, confiée à la députée LREM Alexandra Louis, a ajouté Marlène Schiappa. Mme Louis pourra proposer "les éventuels correctifs à apporter".

A l'avant-veille de la Journée internationale pour les droits des femmes, elle est revenue sur le phénomène des violences conjugales: depuis le début de l'année, déjà 30 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint.

Ce chiffre est "extrêmement préoccupant, car le rythme s'accélère. On était à une femme tuée tous les trois jours, mais là on arrive presque à une femme tous les deux jours", s'est-elle alarmée, rappelant que chacun, s'il est témoin ou entend des signes de violences conjugales chez son voisin, "doit appeler la police". "Il ne s'agit pas de délation, mais d'un geste citoyen qui peut permettre de sauver des vies", a-t-elle fait valoir.

Mme Schiappa a également annoncé un plan de lutte contre l'excision, présenté "à la fin du printemps".

La loi interdit déjà les mutilations génitales, sur le territoire français comme à l'étranger pour les jeunes Françaises, mais "un combat culturel" reste à mener dans les pays où cette pratique reste courante, "en partenariat avec ces pays", selon la secrétaire d’État. Il s'agit notamment d'éviter que les jeunes Françaises soient excisées pendant leurs vacances dans leur pays d'origine.

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