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Indonésie: à la recherche de leur maison, la dure épreuve des survivants du séisme

Nonlis Kando marche avec précaution dans les décombres de son village, sur l'île indonésienne des Célèbes. Dans les ruines, elle repère une boîte à chaussures blanche décorée de lèvres rouge vif et fond en larmes.

L'employée de bureau de 35 ans vient de retrouver son domicile, du moins ce qu'il en reste, après le séisme dévastateur suivi d'un tsunami qui a rasé des quartiers entiers de Palu, localité de 350.000 habitants sur la côte occidentale des Célèbes, le 28 septembre.

Une semaine après le double désastre qui a fait plus de 1.750 morts, la jeune femme est retournée dans son quartier, pour la première fois après avoir pris la fuite en courant alors que le monde s'écroulait autour d'elle.

Petobo, un rassemblement de villages de l'agglomération de Palu, figure parmi les sites les plus touchés.

Une grande partie de l'endroit s'est enfoncé dans la terre comme aspiré, quand les secousses telluriques ont transformé le sol en sables mouvants, un processus connu sous le nom de liquéfaction.

A la suite du séisme de magnitude de 7,5, un mur d'eau a déferlé sur la côte de Palu. Les autorités estiment que près de 5.000 disparus se trouvent sous les décombres à Petobo et Balaroa, autre quartier de Palu dévasté.

Frappée d'horreur face à l'étendue de la destruction, Nonlis Kando a rejoint ses voisins désemparés, parcourant avec eux son quartier méconnaissable.

Quand elle a vu la boîte à chaussures, elle a réalisé que toute sa vie tenait désormais dans un amas de béton et de boue.

- Documents personnels -

"Maintenant, la maison est là, derrière moi. Avant, elle était là-bas", dit-elle incrédule. "C'est ma maison, là", ajoute-t-elle, désignant un tapis souillé par la terre et quelques carreaux familiers.

Elle a néanmoins retrouvé un dossier rempli de certificats et de documents personnels importants, ce qui lui facilitera les choses quand elle tentera de reconstruire sa vie.

Cette chemise est la raison pour laquelle elle est revenue, explique-t-elle.

Elle peine cependant à se faire face. "Je ressens ce que j'ai ressenti quand ça s'est passé. Mes pieds n'arrêtent pas de trembler", dit-elle d'une voix qui se brise.

Elle s'est réfugiée chez ses parents qui habitent à des kilomètres de là, avec son mari Michael et leurs deux petites filles.

Mais elle a du mal à imaginer la suite.

"Je ne sais pas ce que je vais faire", se lamente-t-elle.

Pour l'instant, elle tente de se réconforter avec ses documents et quelques fragments de sa vie d'avant: deux bols en métal, un plateau, une montre d'homme et une assiette ébréchée.

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