A Varsovie, les Etats-Unis et Israël comptent mettre la pression sur l'Iran

Des responsables américains et israéliens sont arrivés mercredi à Varsovie pour une conférence internationale qui vise à mettre la pression sur l'Iran.

Inaugurée mercredi au Château royal dans le centre historique de la capitale polonaise, cette réunion de deux jours a pour objectif flou de promouvoir "la paix et la sécurité au Moyen-Orient" mais se distingue davantage par les absences que par les personnalités présentes.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et le vice-président américain, Mike Pence, animeront la réunion jeudi, mais peu de responsables européens de premier plan sont allés en Pologne, inquiets de la ligne américaine affichée sur l'Iran.

Téhéran a qualifié la conférence d'échec avant même de commencer, affirmant que les États-Unis essayaient de parler au nom des autres pays plutôt que d'échanger des points de vue.

"Il s'agit d'une nouvelle tentative des Etats-Unis de continuer avec leur obsession de l'Iran qui est infondée", a déclaré à Téhéran le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif.

"La conférence de Varsovie, je pense, est mort-née", a-t-il ajouté.

Même la Pologne, avec son gouvernement conservateur soucieux de complaire à Washington, soutient l'accord conclu en 2015 qui prévoit d'alléger les sanctions imposées à l'Iran en échange du gel de son programme nucléaire.

La Pologne, dont l'Iran a convoqué le chargé d'affaires à Téhéran pour lui manifester son courroux, s'est employée à souligner que ce pays n'était pas l'unique sujet de la conférence.

M. Netanyahu, qui s’exprimait avant d'arriver à Varsovie, a déclaré qu’Israël avait procédé lundi à de nouvelles frappes militaires sur des sites en Syrie liés à l'Iran, destinées à les débarrasser de la présence des Iraniens et de leur allié, le Hezbollah.

- De l'espoir pour le Yémen -

Le Britannique Jeremy Hunt, un des rares représentants de premier plan de la diplomatie européenne à être allés à Varsovie, a quant à lui dit qu'il souhaitait se concentrer sur les possibilités de mettre terme au conflit au Yémen.

Des millions de Yéménites se trouvent au bord de la famine et leur pays a connu l'une des pires épidémies de choléra des temps modernes, pendant que l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, appuyés par les États-Unis, cherchent à bombarder et à bloquer les rebelles Houthis liés à l'Iran.

M. Hunt, dont le pays est également un important fournisseur d’armes de Riyad, a rencontré mardi soir à Varsovie le secrétaire d'État américain Mike Pompeo et de hauts responsables de l'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis.

Le chef de la diplomatie britannique a déclaré qu'il espérait un prolongement du cessez-le-feu de sept semaines qui avait été largement respecté dans l'importante ville portuaire de Hodeida.

"Nous avons maintenant une occasion de plus en plus limitée de transformer le cessez-le-feu en une voie durable vers la paix - et de mettre un terme à la pire crise humanitaire dans le monde", a déclaré M. Hunt.

"De réels progrès ont été réalisés pour parvenir à une solution politique, mais il existe aussi de véritables problèmes de confiance entre les deux parties", a-t-il ajouté.

- Un proche de Donald Trump pour un changement de régime -

La Russie - un acteur majeur en Syrie, d'autant plus que Donald Trump a décidé d'en retirer les militaires américains - a snobé la conférence de Varsovie et organisera des négociations parallèles jeudi dans la station balnéaire de Sotchi avec le président iranien Hassan Rohani et le président turc Recep Tayyip Erdogan.

À Varsovie, la Turquie, membre de l'Otan, ne sera représentée que par du personnel de l'ambassade.

L’administration Trump a insisté sur le fait qu’elle souhaitait des changements dans la politique de l’Iran au Moyen-Orient, mais qu’elle ne cherchait pas à renverser le régime qui a vu le jour il y a 40 ans à la suite de la révolution islamique ayant renversé le shah.

Pourtant, l'ancien maire de New York Rudy Giuliani, qui est l'avocat personnel de Donald Trump mais ne représente pas le gouvernement américain, a ouvertement appelé à un changement de régime au cours d'un rassemblement à Varsovie des Moudjahidine du peuple -opposition iranienne en exil-, proches des conservateurs américains .

"Nous ne devrions pas faire des affaires avec une nation qui soutient le terrorisme", a déclaré M. Giuliani. L'Iran "devrait être ostracisé", a-t-il martelé, se prononçant pour "un changement de régime en Iran, afin qu'il y ait un régime démocratique, légal".

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