"Dumping" sur l'acier: Pékin rejette les accusations du Canada

Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Lu Kang lors d'une conférence de presse à Pékin,j le 13 juillet 2016NICOLAS ASFOURI
Chine

Accusée par le Canada de "dumping" dans la sidérurgie, la Chine a répondu mardi avoir "pris des mesures concrètes" pour réduire ses surcapacités et jugé que l'offre excédentaire mondiale était "un problème planétaire" qu'aucun pays ne résoudrait seul.

Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, a accusé lundi la Chine d'inonder le marché mondial avec sa surproduction d'aluminium et d'acier écoulée à des prix au rabais, provoquant ainsi une "concurrence déloyale" pour les sidérurgistes nord-américains.

Ces critiques interviennent peu après la décision des Etats-Unis d'imposer de lourds droits de douane sur l'acier et d'aluminium. La Chine produit environ la moitié de l'acier mondial.

"En réalité, la Chine se montre extrêmement déterminée et a pris des mesures concrètes pour réduire ses capacités excédentaires dans l'acier", des efforts "qui lui ont coûté beaucoup", s'est insurgé mardi Lu Kang, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

De loin le premier pays producteur, Pékin assure avoir réduit l'an dernier de plus de 50 millions de tonnes ses colossales capacités de production.

Face aux pressions occidentales, le géant asiatique s'était engagé à sabrer ses capacités de production --qui dépassaient 1,1 milliard de tonnes en 2016-- de 150 millions de tonnes entre 2016 et 2020, objectif qui pourrait être atteint dès cette année selon les autorités.

"Mais les surcapacités de production à l'échelle mondiale sont un problème planétaire, qui ne peut pas être résolu par un seul pays unilatéralement", a ajouté Lu Kang, s'exprimant lors d'une conférence de presse régulière.

"Nous espérons que tous les pays producteurs d'acier pourront s'engager dans des efforts concertés pour réduire les capacités. Cela demande une coopération internationale", a insisté le porte-parole.

Lors d'un sommet du G20 en septembre 2016 à Hangzhou (est de la Chine), Pékin avait supervisé le lancement d'un "forum mondial sur les surcapacités de l'acier" destiné à évaluer les efforts des Etats pour réduire l'offre.

L'OCDE a appelé la semaine dernière ce forum à "accélérer ses efforts": "Certains gouvernements continuent de subventionner (...) la sidérurgie, exacerbant les déséquilibres entre offre et demande", a déploré l'organisation, sans citer de pays.

La production d'acier chinoise a encore augmenté de 5,7% l'an dernier, à 831,7 millions de tonnes, selon la World Steel Association, fédération internationale du secteur.

Pour autant, les exportations d'acier du pays asiatique ont chuté de 30,5% l'an dernier, à 75,4 millions de tonnes, selon les douanes chinoises, à la faveur d'un net sursaut de la consommation intérieure.

Lu Kang n'a cependant pas mentionné l'aluminium, également évoqué par Justin Trudeau.

La Chine est également épinglée pour ses colossales capacités excédentaires dans ce domaine: ses exportations d’aluminium pour les deux mois de janvier-février ont bondi de 26% sur un an, à 817.000 tonnes, selon les douanes.

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