Affaire Seznec: fin des fouilles, prudence après la découverte de nouveaux fragements d'os

Affaire Seznec: fin des fouilles, prudence après la découverte de nouveaux fragements d'os
Un os humain découvert dans la maison où habitait la famille Seznec, dans une photo diffusée le 25 février 2018 par l'auteur d'un livre sur l'affaire Seznec, Bertrand VilainBertrand Vilain

Les fouilles privées dans l'ancienne maison des Seznec à Morlaix (Finistère) se sont achevées samedi en début de soirée, une quinzaine de nouveaux fragments d'os ont été retrouvés mais l'origine reste à déterminer après une première découverte qui s'est révélée être des os de bovidés.

Une dizaine de bénévoles avaient commencé à creuser dès 09H00 dans l'espoir d'y retrouver le corps de Pierre Quémeneur, conseiller général du Finistère, disparu en 1923, a constaté un correspondant de l'AFP.

Après dix heures de fouilles, une quinzaine de fragments d'os ont été récupérés dont certains étaient calcinés, a indiqué Bertrand Vilain, l'une des personnes à l’initiative des recherches privées et l'auteur d'un livre sur l'affaire.

Parmi les bouts d'os retrouvés, deux ont été expertisés par un anthropologue via des photos qui lui ont été envoyées. Ce dernier a estimé que "leur origine était bovine".

Un inventaire de l'ensemble des os et objets retrouvés tels que des outils vont être transmis au procureur de Brest, a précise M. Vilain.

Sans preuve et sans aveux, Guillaume Seznec a été condamné en 1924 au bagne à perpétuité pour le meurtre un an plus tôt de Pierre Quémeneur avec lequel il était associé en affaires, ainsi que pour des faux en écriture. Mais le corps du conseiller général n'a jamais été retrouvé.

Les fouilles entreprises dans l'ancienne demeure des Seznec étaient motivées par la révélation, dans un ouvrage de Denis Langlois, paru en 2015, l'un des anciens avocats de la famille, du témoignage inédit d'un des enfants du couple Seznec, âgé de 11 ans au moment des faits. Il aurait été enregistré en 1978 par l'un de ses neveux.

En ce jour ensoleillé de mai 1923, "Petit-Guillaume" raconte avoir entendu sa mère repousser les avances d'un certain "Pierre", puis avoir vu Quémeneur par terre et sa mère debout devant lui. "Je crois qu'elle a dû se défendre et le frapper à la tête", racontait-t-il, selon le récit qu'en a fait Denis Langlois dans "Pour en finir avec l'affaire Seznec".

Pour Bertrand Vilain, "le but était de vérifier le témoignage de Petit-Guillaume. On n'a pas retrouvé le squelette de Quémeneur mais cela ne veut pas dire que le témoignage est faux", a-t-il déclaré à l'issue des fouilles. "Il a surement vu Quémeneur décédé mais il n'a pas été enterré à cet endroit-là".

"Pour l'instant le mystère reste entier. Il fallait le faire, on l'a fait", estime M. Vilain pour qui l'élu aurait été tué involontairement par l'épouse du condamné après qu'il lui avait fait des avances.

Le périmètre de recherche a été élargi samedi et les bénévoles ont creusé plus profondément que la semaine dernière lorsque les fouilles avaient débuté.

Le parquet de Brest avait ouvert une enquête après la découverte lors des premières fouilles d'un premier bout d'os dans l'ancienne maison des Seznec. Les fouilles avaient été reprises dimanche par la police judiciaire de Rennes, saisie de l'enquête. Les premières analyses visuelles des ossements réalisées par un médecin légiste suggéraient qu'il pouvait s'agir d'os humains.

Mais après quelques jours de spéculations, relançant la possibilité d'une élucidation de l'énigmatique "affaire Seznec", le parquet de Brest a finalement confirmé jeudi que les fragments d'os étaient d'origine animale.

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