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Affectées par les droits de douane, des entreprises américaines quittent la Chine

Affectée par la guerre commerciale que se livrent depuis des mois Washington et Pékin à coups de droits de douane, l'entreprise américaine Xentris Wireless a décidé, malgré les inconvénients, de quitter la Chine pour produire dans d'autres pays asiatiques.

"C'est un désagrément énorme, à un coût très important", confie à l'AFP Ben Buttolph, responsable financier de ce fabricant d'accessoires pour téléphones dont le siège est situé dans l'Etat de l'Illinois.

Depuis que le conflit a éclaté, il y a un an et demi, entre les Etats-Unis et la Chine, Xentris Wireless a relocalisé sa production aux Philippines, à Taïwan et au Vietnam.

Une décision stratégique vécue comme un "traumatisme" par le dirigeant, qui affirme ne pas avoir l'intention de retourner de sitôt en Chine, même si les pays voisins n'offrent pas les mêmes avantages.

"Il a fallu une trentaine d'années pour développer les chaînes d'approvisionnement en Chine. La Chine a beaucoup d'infrastructures que certains autres pays n'ont pas encore", explique-t-il.

Xentris Wireless a donc dû s'adapter et se diversifier. "Nous essayons d'avoir plusieurs sites certifiés pour nos produits afin de pouvoir facilement basculer en cas de problème sur l'un d'entre eux", poursuit le directeur financier.

- "Plus jamais comme avant" -

Des droits de douane supplémentaires frappant des milliards de dollars de biens importés de Chine sont entrés en vigueur le 1er septembre aux Etats-Unis.

Et d'ici la fin de l'année, la totalité des importations en provenance du géant asiatique (quelque 540 milliards sur la base de celles de 2018) sera surtaxée, avec une dernière salve de tarifs prévue le 15 décembre.

Certaines entreprises américaines produisant en Chine ont absorbé la hausse des droits de douane ou augmenté leurs prix, mais elles sont de plus en plus nombreuses, comme Xentris Wireless, à aller voir ailleurs.

"Nous quittons la Chine et n'avons pas l'intention d'y retourner, que ce soit à court ou long terme", affirme Ben Buttolph.

Son entreprise, qui emploie 68 personnes aux Etats-Unis, a consulté des experts juridiques lorsque le président Donald Trump a entamé son bras de fer commercial avec son homologue chinois Xi Jinping.

"Certaines entreprises pensaient que tout cela allait se dégonfler et que Xi Jinping et Donald Trump allaient trouver un accord", se souvient-il. "Nous avons pour notre part rapidement estimé que le problème était amener à durer".

Et pour lui, le point de non retour a depuis été atteint: "Il se peut que les choses ne soient plus jamais comme avant en Chine".

- Au portefeuille des consommateurs -

L'entreprise de prêt-à-porter californienne PacSun cherche aussi une porte de sortie. "Il est presque impossible désormais, avec la dernière salve de droits de douane, d'importer de Chine", estime Richard Roberts, responsable des importations de la marque.

Alors, PacSun compte transférer dès cette année 30% de sa production en Chine vers le Sri Lanka, le Bangladesh et le Pakistan.

Même si le dirigeant pointe lui aussi plusieurs inconvénients: "Certaines usines ne vont pas forcément respecter les délais. Les routes ne sont pas construites, donc les containers mettent plus longtemps à arriver au port".

"Il faut composer avec Trump et son agenda politique", relativise-t-il. "Comment? Votre entreprise doit faire ce qu'elle à faire".

Cela passe, aussi, par une hausse des prix, note Tom Casen, responsable de la Camelot Company, une société de courtage en douane basée près de l'aéroport international de Chicago.

Selon lui, "le grand perdant est celui qui va au magasin acheter son tournevis 25% plus cher qu'avant les droits de douane de Trump".

L'administration du président républicain, dans un geste de prudence envers les consommateurs américains, a d'ailleurs repoussé au 15 décembre l'imposition de nouveaux droits de douane sur certains produits vedettes des fêtes de fin d'année.

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