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Afghanistan : quatre morts dans un attentat-suicide à Jalalabad

Quatre civils ont été tués et 12 autres blessés mercredi dans une attaque kamikaze contre un bâtiment officiel de Jalalabad, dans l'est de l'Afghanistan, suivie de combats avec des attaquants qui s'y étaient retranchés et dont trois ont été tués.

"L'attaque à Jalalabad s'est terminée ce soir. Trois attaquants ont été tués par les forces de sécurité. Quatre civils sont également morts et douze ont été blessés", a annoncé le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Nasrat Fahim.

Le dénouement est intervenu plusieurs heures après l'attaque, survenue en début d'après-midi. "Un kamikaze s'est fait exploser à l'intérieur d'un centre d'enregistrement de documents d'identité électroniques. Les forces de sécurité sont dans la zone pour porter secours au personnel", avait annoncé un porte-parole du gouverneur de la province de Nangarhar, Ataullah Khogyani.

En même temps, un nombre indéterminé d'attaquants s'étaient retranchés dans le bâtiment. Les forces de sécurité ont avancé prudemment pour les déloger sans faire de faire de victimes civiles, toujours selon cette source. Elle a précisé qu'elles avaient sauvé au moins 45 personnes.

"Environ 200 personnes", dont 80 employés, se trouvaient à l'intérieur du bâtiment au moment de l'attaque en début d'après-midi, a indiqué Haji Qudrat, un salarié du centre qui a été blessé à la jambe.

"Après l'explosion, nous avons entendu des tirs d'armes de petit calibre dans nos couloirs et un homme est entré dans notre bureau avec une arme et a commencé à tirer", a-t-il témoigné.

"J'ai sauté par la fenêtre. Certains de nos amis ont été tués ou blessés", a-t-il raconté à l'AFP à l'hôpital où il a été amené pour des soins.

L'attaque, à dix jours de l'élection présidentielle du 28 septembre, n'a pas été revendiquée dans l'immédiat.

Jalalabad est la capitale de la province de Nangahrar, frontalière du Pakistan, et les talibans ainsi que le groupe Etat islamique y sont très actifs.

- Ecole évacuée -

"J'étais en cours quand j'ai entendu une forte explosion, suivie de tirs intenses", a témoigné Mohammad Ullah, enseignant dans une école à proximité.

"Les enfants ont commencé à pleurer donc nous avons dû évacuer l'école. Nous avons escaladé les murs pour amener les enfants dans un lieu plus sûr", a-t-il dit à l'AFP.

Cette nouvelle attaque intervient au lendemain d'un double attentat meurtrier à Kaboul et dans la province de Parwan (centre), où elle a visé un meeting électoral du président Ashraf Ghani, en campagne pour sa réélection. Il en est sorti indemne.

Ces deux attaques, qui ont fait une cinquantaine de morts, ont été revendiquées par les talibans, qui s'efforcent d'empêcher le déroulement du scrutin.

De nombreux observateurs s'attendaient à un regain de violence de leur part après la récente rupture par le président américain Donald Trump des négociations avec le mouvement taliban sur un retrait progressif des forces américaines d'Afghanistan.

Les talibans sont prêts à reprendre les négociations de paix avec les Etats-Unis, a toutefois déclaré leur négociateur en chef, Sher Mohammad Abbas Stanikzai, dans un entretien à la BBC. "Nous espérons que l'autre partie repensera sa décision concernant les négociations".

Mardi, la Maison Blanche a semblé battre leurs espoirs en brèche. "Le président a clairement indiqué qu'il ne négocierait pas un accord de paix tant que les talibans poursuivront ces attaques", a fait savoir son service de presse dans un communiqué.

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