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Afghanistan: les armes se taisent à Ghazni, mais la peur demeure

Afghanistan: les armes se taisent à Ghazni, mais la peur demeure
Des Afghans fuyant les combats à Ghazni attendent un bus à Kandahar, le 13 août 2018 Jawed Tanveer

Les combats semblaient avoir cessé mercredi dans la ville afghane de Ghazni, attaquée il y a près d'une semaine par les talibans, qui semblent avoir été repoussés du centre ville mais se trouveraient toujours à proximité, selon des sources locales.

Les forces de sécurité patrouillaient dans les rues et plus aucun insurgé n'était visible. Des commerçants commençaient à réparer les dégâts et nettoyer leurs échoppes dans les rues encore enfumées, selon un correspondant de l'AFP sur place.

Mais l'AFP a aperçu des talibans dans au moins un village à l'extérieur de la ville et leur présence a également été signalée aux habitants dans d'autres lieux à proximité, faisant craindre une reprise des combats.

L'ONU a dénoncé la "souffrance extrême" infligée aux civils pris au piège des combats.

"Certaines informations indiquent que le bilan à Ghazni est très lourd", a déclaré le représentant spécial de l'ONU en Afghanistan Tadamichi Yamamoto dans un communiqué mercredi.

"Des estimations non confirmées font état d'un bilan de 110 à 150 victimes civiles. Selon des informations fiables, l'hôpital public de Ghazni est débordé par un afflux continu de blessés", a-t-il ajouté.

"Il y avait une odeur de sang dans la ville", a témoigné de son côté Basir Ahmad, un commerçant réfugié tôt mercredi à Kaboul. "Les gens avaient peur que les combats ne reprennent à tout moment", a-t-il dit à l'AFP.

L'assaut taliban sur Ghazni, ville stratégique située à deux heures de route de Kaboul, avait commencé jeudi soir. L'armée afghane, appuyée par des forces aériennes américaines, peine depuis plusieurs jours à les repousser.

Les autorités maintiennent que la ville n'est pas tombée et que seules des opérations limitées s'y poursuivent. On ignorait mercredi à quel stade en étaient ces opérations.

Les habitants ont été contraints plusieurs jours durant de se réfugier dans les sous-sols et de ravitailler des talibans.

"Nos stocks de nourriture se sont épuisés au deuxième jour de combats", a témoigné un habitant, Shukrullah Nahimi, déplorant que les prix aient doublé. "Les talibans étaient près de notre maison et nous avons dû nous cacher au sous-sol".

L'attaque de Ghazni, chef-lieu de la province du même nom, constitue la plus grande offensive talibane depuis un cessez-le-feu inédit de trois jours observé en juin.

Les insurgés sont sous pression depuis des mois pour accepter de commencer des négociations de paix avec le gouvernement afghan et les analystes estiment que de telles offensives visent à les placer en position de force au moment de les entamer.

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