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Afghanistan: dix morts dans une attaque revendiquée par l'EI

Afghanistan: dix morts dans une attaque revendiquée par l'EI
Au cours d'une attaque terroriste à Jalalabad, dans l'est de l'Afghanistan, le 13 mai 2018 NOORULLAH SHIRZADA

Au moins dix personnes ont été tuées et une quarantaine d'autres blessées dimanche à Jalalabad, dans l'est de l'Afghanistan, au cours d'une attaque de plusieurs heures menée par des hommes armés contre un bâtiment officiel, revendiquée par le groupe Etat islamique.

L'attaque a commencé en milieu de journée avec l'explosion d'une voiture piégée devant l'entrée du bâtiment de l'administration des finances de la ville. Celle-ci a "ouvert la voie à un certain nombre d'hommes armés pour y pénétrer", a déclaré à l'AFP le porte-parole du gouverneur de la province du Nangarhar, Attaullah Khogyani.

Des employés terrifiés ont pris la fuite tandis que les forces de sécurité affrontaient les assaillants pendant plus de quatre heures. Au nombre de huit, armés notamment de grenades, ils ont tous été abattus, selon M. Khogyani, qui avait fait état auparavant de quatre assaillants.

"Deux assaillants ont été tués par l'explosion de leur propre voiture. Six autres ont été tués par les forces de sécurité. Dix civils et membres des forces de l'ordre ont été tués et 42 personnes blessées", a-t-il détaillé.

Abdullah Raqibi, directeur du département des finances, a indiqué que tous les employés avaient été évacués.

"Malheureusement, nous avons perdu trois membres du personnel. Ils ont été tués dans l'explosion qui s'est produite à l'entrée", a-t-il dit.

Le groupe jihadiste Etat islamique a revendiqué cette attaque dans un communiqué publié sur l'application Telegram par Amaq, son agence de propagande.

"Une opération kamikaze menée avec une voiture piégée frappe des locaux du ministère des Finances afghan dans la ville de Jalalabad", a annoncé le groupe extrémiste.

"Vers midi, un grand boum a fait trembler notre bâtiment. J'ai vu alors au moins deux hommes armés y entrer", a raconté Qaisar, un employé de l'administration attaquée, blessé lors de l'assaut et conduit à l'hôpital central de Jalalabad.

"Mes amis ont couru se cacher tandis que j'ai sauté d'une fenêtre du deuxième étage. Je me suis cassé un bras et une jambe mais j'ai réussi à sortir du bâtiment. Certains de mes amis sont toujours coincés dedans", a-t-il témoigné pour l'AFP.

Les corps d'un policier et de huit civils, dont les trois employés du département des finances tués, ont été amenés dans les hôpitaux de Jalalabad, a déclaré le Dr Najibullah Kamawal, chef des services de santé de la ville. Il a également fait état de 36 blessés.

- Violences avant les élections -

Certaines parties du Nangarhar, province à la frontière avec le Pakistan dont Jalalabad est la capitale, sont des bastions du groupe Etat islamique mais les talibans y sont également actifs.

Cette nouvelle attaque intervient quelques jours après un double assaut apparemment coordonné contre des commissariats de police à Kaboul, qui a fait 10 morts. Le premier avait été revendiqué par le groupe EI et le second par les talibans.

Après une relative diminution de la violence dans Kaboul en février et mars, les extrémistes y ont multiplié les attaques, notamment contre les centres d'enregistrement électoraux avant les législatives prévues en octobre en Afghanistan.

Le groupe EI avait déjà revendiqué le double attentat suicide dans la capitale afghane qui avait tué au moins 25 personnes le 30 avril, dont le chef photographe de l'AFP Shah Marai ainsi que huit autres journalistes.

Les talibans ont récemment lancé leur offensive de printemps, multipliant les assauts contre les forces de sécurité afghanes, en ce qui s'apparente à un rejet tacite d'une récente offre de pourparlers de paix de la part du président Ashraf Ghani.

Cette offensive, nommée Al Khandaq, vise à "écraser, tuer et capturer les envahisseurs américains et leurs partisans", avaient indiqué les insurgés fin avril.

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