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Airbnb fête ses 10 ans mais embête de plus en plus: qu'est-ce qui est permis en Belgique?

Airbnb fête ses 10 ans mais embête de plus en plus: qu'est-ce qui est permis en Belgique?

Cela fait 10 ans, jour pour jour, que la plate-forme Airbnb a été lancée. Un site qui permet aux particuliers de louer ou de mettre en location des logements privés sur internet. Depuis sa création, son succès n’a cessé de s’accroître. Il a même révolutionné l'industrie du voyage, mais il a aussi profondément bouleversé le marché immobilier de certaines villes qui tentent d'ailleurs aujourd'hui de freiner son expansion.

10 ans de locations à travers le monde, 10 ans de débats et réglementations en tous genres, Airbnb fête aujourd’hui son anniversaire. En 2008, trois étudiants américains fauchés lancent la plateforme. En un peu plus d’un an, leur petit projet pour arrondir les fins de mois devient un phénomène mondial. Leur concept : favoriser les rencontres humaines internationales. En Belgique, cette idée séduit de nombreux jeunes. "C’est déjà arrivé que des gens sont venus pendant 3-4 jours et on a cuisiné ensemble, on a fait les courses ensemble, comme si on était une communauté, c’était assez marrant", se souvient Mia Charlier, hôte AirBnB à Namur qui a déjà accueilli chez elle de nombreuses nationalités.


Ce système a des conséquences très négatives dans certaines grandes villes

Mais le système alternatif tourne rapidement au capitalisme.
 Des propriétaires louent leurs biens via la plateforme et échappent ainsi à toute réglementation. À Barcelone, les citoyens ne parviennent même plus à trouver des locations résidentielles. Même scénario à Palma de Majorque. Là, la ville réagit de manière drastique : depuis le 1er juillet 2018, il est formellement interdit de louer via Airbnb dans le centre-ville. 


Et en Belgique?

À Bruxelles, ce sont les associations d’hôtels qui réagissent.
 "On parle potentiellement de plus de 5.000 chambres sur Bruxelles, il faut comparer cela aux 17.000 chambres officielles, donc ce n’est plus du collaboratif, c’est un système industriel professionnel et il faut respecter certaines règles", insiste Rodolphe Van Weyenbergh, secrétaire général de l’Association des hôtels bruxellois.

Des règles, les régions en imposent depuis 2016.
 Pour proposer un logement sur Airbnb à Bruxelles, il faut se régulariser auprès de la ville. Depuis 2018, les propriétaires doivent également répondre à quatre conditions. "Une assurance, attestation de sécurité incendie, certificat de bonne vie et mœurs et dernière condition, s’engager à louer au minimum pour une nuit", énumère Michaël Deprez de la Fédération des Gîtes de Wallonie. 


Une taxe

Aujourd’hui, les régions vont encore plus loin :
 elles imposent une taxe de trois euros par nuitée. Des inspecteurs veillent au respect de la réglementation et peuvent infliger des amendes jusqu’à 1250 euros. Airbnb accepte de collaborer. "On aura une liste avec les contribuables et à côté les revenus et la fréquence à laquelle ils ont fait utilisation de cette plateforme. Et c’est à nous alors d’aller vérifier dans la déclaration si ces revenus ont bien été déclarés", explique Francis Adyns, porte-parole du SPF Finances.

Si le géant américain ne cesse de créer la polémique, une chose est certaine, il a déjà rapporté plus 300 millions d’euros à l’économie belge. 

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