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Amants de Clairvaux: prison ferme requise en appel

Amants de Clairvaux: prison ferme requise en appel
Les coursives de la centrale de Clairvaux, le 31 janvier 2006JACK GUEZ

La Cour d'appel de Reims a requis mercredi six et quinze mois de prison ferme pour recel et corruption passive à l'encontre d'une psychologue et d'un détenu de la prison de Clairvaux (Aube), qui avaient entamé en 2015 une relation clandestine.

"Aujourd'hui je me suis sentie jugée par rapport à ma relation... J'espère que votre jugement ne sera pas moral à mon sujet", a déclaré à la barre et en pleurs Blandine Lehericey, ancienne psychologue à la maison centrale de Clairvaux, près de Troyes.

Le parquet général a requis une peine de six mois contre la prévenue, 35 ans, qui comparaissait libre, et quinze mois contre Abdelkader Bouhalloufa, désormais son mari, quadragénaire au casier judiciaire fourni. Il est actuellement détenu à la maison centrale d'Ensisheim (Haut-Rhin).

Lors de leur procès en première instance en janvier 2017 devant le tribunal correctionnel de Troyes, le couple avait obtenu la relaxe. Le parquet avait fait appel de cette décision.

"Il est absolument invraisemblable qu'une psychologue ait une relation avec un détenu et se maintienne à son poste", a dénoncé Bruno Fayard, l'avocat général, évoquant une conduite contraire "aux règles déontologiques".

Le dossier ne comporte pas "le moindre commencement de preuve, pas d'éléments matériels, intentionnels" pénalement répréhensibles, a rétorqué Me Jean-Christophe Basson-Larbi, l'avocat du couple.

"C'est une histoire d'amour, de cœur, qui au départ n'est pas acceptée par l'administration pénitentiaire", a-t-il ajouté, précisant que Clairvaux avait connu d'autres cas similaires.

Echange d'un kilo de viande, remise hypothétique d'une clé USB contenant une vidéo érotique de l'épouse: le dossier est constitué de témoignages indirects, de "rumeurs" et "d'avantages" dont auraient pu bénéficier le détenu, a insinué la présidente de la cour.

Entre 2015 et 2016, le couple avait entretenu une relation clandestine au sein de la prison, avant d'être découverts par un surveillant puis dénoncés. La psychologue avait fini par démissionner, et le détenu a été transféré à environ 400 km de l'Aube.

"Si c'est le prix à payer, je le paie, je m'en fous", a lancé M. Bouhalloufa, qui a estimé être injustement traité en détention à cause de sa situation.

Ils se sont finalement mariés. De cette union sont nés deux enfants, un garçon d'un an et une petite fille âgée de trois semaines.

L'arrêt sera rendu le 23 mai.

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