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Appel Zelensky-Trump: comment les chefs d'Etat communiquent

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La transcription de la conversation téléphonique entre Donald Trump et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, au cours de laquelle le premier aurait demandé au second d'enquêter sur son adversaire Joe Biden, lève le voile sur les discussions généralement secrètes des présidents américains avec les autres dirigeants.

Si les rencontres bilatérales entre chefs d'Etat sont fréquemment précédées d'une séance de discussions de propos convenus sur les relations "étroites", "excellentes" ou "spéciales" entre leurs pays sous l'oeil des caméras, le contenu des discussions elles-mêmes est considéré comme top-secret et n'est publié que des années plus tard, pour les livres d'Histoire.

Pour les conversations téléphoniques des présidents américains, le secret est encore plus étroitement gardé, puisque la Maison Blanche ne publie plus systématiquement la liste des appels téléphoniques du chef de l'exécutif.

La bibliothèque présidentielle de Bill Clinton a ainsi publié il y a un an les transcriptions déclassifiées des appels téléphoniques et des rencontres bilatérales de M. Clinton avec Boris Eltsine du 23 janvier 1993 jusqu'à la démission du président russe le 31 décembre 1999.

En publiant mercredi la transcription de l'appel de M. Zelensky à M. Trump, la Maison Blanche a précisé qu'il s'agissait "non du verbatim" mais d'un "memorandum de conversation téléphonique" élaboré à partir des notes prises par des conseillers du président, chargés d'écouter la conversation depuis la "Situation room", salle ultra-sécurisée située au sous-sol de la Maison Blanche.

"C'est une pratique établie de longue date, destinée non seulement à garder une trace de l'appel mais aussi à protéger le président au cas où un dirigeant ou un gouvernement étranger raconterait des mensonges flagrants sur cet appel", a expliqué sur Twitter Larry Pfeiffer, un ancien directeur de la Situation room sous Barack Obama, qui a géré de nombreux appels présidentiels.

- 30 mins de discussion -

Les conversations téléphoniques du président américain ne sont plus enregistrées depuis longtemps, a ajouté M. Pfeiffer, qui a aussi été chef de cabinet du directeur de la CIA, avant de souligner que ces notes ne sont pas forcément exhaustives, car elles vont, selon les sujets discutés et l'interlocuteur, "de la transcription complète, légèrement revue, au vague compte-rendu sommairement rédigé".

Tel que rendu public par l'exécutif américain mercredi, l'échange entre MM. Trump et Zelensky montre que les deux dirigeants, qui ne se sont alors jamais rencontrés, cherchent à créer une relation personnelle.

"Félicitations pour une grande victoire", déclare en préambule M. Trump, qui a le privilège d'ouvrir la discussion avec l'ancien acteur de 41 ans qui vient d'être élu à la tête de l'Ukraine.

Même si M. Zelensky reproche à demi-mot à M. Trump de ne pas lui parler assez souvent, l'échange reflète la relation asymétrique entre le milliardaire américain et le président ukrainien, qui oscille entre l'obséquiosité, quand il se dit d'accord "à 1000%" avec lui, et la flagornerie, quand il lui annonce être "descendu à la Trump Tower" lors de son dernier séjour à New York.

La publication de cet échange a d'ailleurs provoqué de vives réactions en Ukraine où certains le qualifient de "honte" pour Kiev.

Le document de la Maison Blanche précise que la discussion a duré une demi-heure, de 09H03 à 09H33 (13H03 à 13h33 GMT) le 25 juillet et que les preneurs de notes se trouvaient dans la "Situation room".

Il montre aussi que lorsque M. Zelensky annonce que l'Ukraine veut acheter des lance-missiles antichar Javelin, le président américain lui répond:"J'aimerais que vous nous rendiez un service".

Un échange que l'un des leaders démocrates, Adam Schiff, a qualifié de comportement "mafieux".

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