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Après avoir ému Cannes, le petit héros de "Capharnaüm" dort devant la presse

Après avoir ému Cannes, le petit héros de
Zain Al Rafeea, un jeune réfugié syrien qui tient le premier rôle de "Capharnaüm", s'est endormi le 18 mai 2018 pendant la conférence de presse cannoiseLaurent EMMANUEL
Syrie

Révélé dans "Capharnaüm" de Nadine Labaki, Zain Al Rafeea, un jeune réfugié syrien qui tient le premier rôle du film, s'est endormi vendredi pendant la conférence de presse cannoise, épuisé.

La réalisatrice libanaise l'a laissé dormir pendant qu'elle répondait aux questions des journalistes sur son film, qui a bouleversé la Croisette.

Pendant le tournage, "j'étais plus gâté que chez mes parents", avait affirmé plus tôt l'adolescent (né en 2004) au physique de garçonnet, interrogé sur la chaîne de télévision du Festival. Il a confié vouloir "être acteur". Comme son personnage, il rêve de s'installer en Europe.

"Il y a une possibilité qu'il soit accueilli en Norvège avec sa famille. L'avenir reste un peu incertain, j'espère que ce film pourra lui offrir un autre horizon", a estimé la réalisatrice.

Né à Daraa, dans le sud-ouest de la Syrie, il est réfugié avec sa famille au Liban depuis 2012. Installé à Beyrouth, il ne s'est pas adapté au système éducatif et cumule des petits emplois depuis l'âge de dix ans. Dont livreur de supermarchés, ce qui fait écho à son personnage.

Zain a été repéré en 2016 dans la rue lors d'un casting sauvage pour "Capharnaüm".

Tableau de laissés pour compte et d'invisibles (les sans papiers au Liban), le film suit les traces de Zain, un gamin laissé pour compte qui attaque ses parents en justice pour lui avoir donné la vie.

"J'avais envie de parler du système en général et de me poser des questions sur l'enfance maltraitée, l'esclavagisme moderne, la notion des frontières et ces papiers qui déterminent nos existences sans lesquels ces gens sont exclus du système", a expliqué la réalisatrice en lice pour la Palme d'or.

Tourné en six mois, son film est composé uniquement d'acteurs non professionnels dont Zain, qui joue notamment aux côtés d'un bébé dont il a la responsabilité à l'écran. "Ces enfants ne jouent pas, ils sont", a affirmé Nadine Labaki, découverte en 2007 à Cannes avec son premier film "Caramel".

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