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Argentine: la Banque centrale relève son taux directeur pour freiner la chute du peso

(Belga) La Banque centrale de la République argentine (BCRA) a relevé lundi son taux directeur de 40 à 45% pour tenter de freiner la chute du peso argentin qui s'est encore déprécié de 2,83% face au dollar entre vendredi et lundi, accumulant près de 10% de perte en deux semaines.

A Buenos Aires, un dollar s'échangeait à la clôture contre 30,72 pesos, franchissant lundi pour la première fois en Argentine la barre des 30 pesos. Le gouvernement a décidé lundi après-midi "d'interrompre la vente de dollars" temporairement, alors que de son côté, la BCRA a indiqué qu'elle allait mettre en circulation mardi 500 millions de dollars, puisés dans ses réserves, pour satisfaire la demande et stabiliser le peso. Depuis le début de l'année, le manque de confiance dans le peso argentin s'est accentué et la chasse au dollar a fait perdre près de 40% de sa valeur au peso. La première poussée de fièvre du peso était intervenue après la hausse des taux d'intérêt aux Etats-Unis. Ces derniers jours, la monnaie d'une autre pays émergent, la livre turque, s'est considérablement dépréciée (40% en trois mois). L'Argentine a conclu un accord avec le FMI pour un prêt de 50 milliards de dollars visant à stabiliser l'économie, engluée dans une inflation qui atteint environ 30% sur les 12 derniers mois. Lundi, le FMI a réitéré sa confiance aux autorités argentines et dans leur politique de réduction du stock des Lebacs, des titres à court terme que la BCRA émet régulièrement. La crise de confiance se reflète dans la hausse du risque pays de l'Argentine, mesuré par JP Morgan, qui dépasse les 700 points, son plus haut niveau depuis le début du mandat de Mauricio Macri. Ce dernier, arrivé au pouvoir fin 2015, a rompu avec la politique économique de l'ex-présidente de gauche Cristina Kirchner. Son action a été saluée par les marchés, mais la relance économique qu'il avait promise est plus difficile à mettre en oeuvre que prévu. Le président de centre-droit admet que l'économie de son pays traverse "une tempête" et a annoncé qu'il maintenait sa politique de rigueur budgétaire, impopulaire car elle est accompagnée de licenciements, d'une baisse de la consommation et d'une hausse des prix. Une mission du Fonds monétaire international (FMI) se trouvait lundi à Buenos Aires, pour vérifier si l'Argentine respectait les termes de l'accord. Un premier versement de 15 milliards de dollars a été effectué en juin. Le prochain versement est attendu en septembre. Après une croissance de 2,8% en 2017, la troisième économie d'Amérique latine ne devrait croître que de 0,4% cette année, d'après les prévisions du gouvernement. (Belga)

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