En ce moment
 

Argentine: Les cahiers de la corruption éclaboussent Cristina Kirchner

(Belga) L'Argentine était secouée mercredi par une nouvelle affaire de corruption avec les révélations de millions de dollars en pots-de-vins perçus par de hauts fonctionnaires du gouvernement de l'ex-présidente de gauche Cristina Kirchner (2007-2015) et une série d'arrestations.

Le journal La Nacion a révélé cette affaire de corruption présumée après avoir mystérieusement reçu des cahiers qui recensent des versements occultes qui atteindraient au moins 53 millions de dollars, et peut-être même 160 millions, selon le quotidien argentin. Mercredi, une dizaines de suspects, dont deux chefs d'entreprise et des anciens fonctionnaires, ont été arrêtés par la police, à la demande du juge d'instruction Claudio Bonadio, qui a également convoqué Mme Kirchner. "L'hypothèse de l'enquête est association de malfaiteurs", dit le procureur en charge du dossier Carlos Stornelli. Il a également convoqué l'ex-ministre de la Planification Julio de Vido, l'ancien chef du gouvernement Juan Abal Medina et l'ancien patron des renseignements Oscar Parrilli. Le juge Bonadio a notamment ordonné la détention de Roberto Baratta, proche collaborateur du ministre de la Planification des années Kirchner, et de Julio De Vido, déjà emprisonné dans une autre affaire de corruption. Idem pour deux chefs d'entreprises sous contrat avec le ministère, Gerardo Ferreyra de la société Electroingeniería, et Javier Sánchez, de Iecsa, une société du Groupe Macri, du père de l'actuel président. La vague d'arrestations s'est produite à la suite de la déposition de l'ex-épouse du chauffeur de Roberto Baratta, également arrêté, soupçonné d'avoir convoyé des sacs d'argent. Sur des cahiers d'écoliers, le chauffeur Oscar Centeno notait méticuleusement les livraisons à une trentaine de domiciles, dont un du couple Kirchner. Cristina Kirchner est mise en examen dans plusieurs affaires et plusieurs de proches ont été placés en détention préventive pour des soupçons de corruption. Le plus emblématique, Julio Lopez, vice-ministre de la Planification de 2003 à 2015, a été pris en flagrant délit en juin 2016 alors qu'il tentait de dissimuler neuf millions de dollars en liquide dans un couvent près de Buenos Aires. Autre personnage-clé du Kirchnérisme, Lazaro Baez, le roi du bâtiment et des travaux publics (BTP) de la province de Santa Cruz, fief des Kirchner, est soupçonné d'avoir bénéficié d'une multitude de contrats publics en échange de dessous de table. Il est en prison, en compagnie de Ricardo Jaime, l'ancien ministre des Transports de Nestor Kirchner, président de 2003 à 2007, décédé en 2010. Cristina Kirchner, désormais sénatrice, jouit d'une immunité parlementaire qui la protège d'une éventuelle détention. Alors que l'élection présidentielle d'octobre 2019 se profile, est la principale figure de l'opposition au président de centre-droit Mauricio Macri. Etant limitée à deux mandats consécutifs, elle ne s'est pas présentée en 2015 mais pourrait briguer un troisième mandat en 2019. (Belga)

Vos commentaires