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Armes chimiques: Occidentaux et Russes ferraillent sur le renforcement de l'OIAC

Russie, Syrie

(Belga) Les puissances occidentales ont croisé le fer avec la Russie et ses alliés mardi autour d'un projet britannique visant à renforcer l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) en lui donnant le pouvoir de désigner les responsables d'attaques utilisant des armes chimiques. La réunion spéciale des États-membres de l'OIAC, demandée par le Royaume-Uni, se tient actuellement à La Haye, mais son premier jour a été plombé mardi par des questions de procédure avancées par l'ambassadeur de la Russie aux Pays-Bas, Alexandre Choulguine, avec l'appui des représentants iranien et syrien.

Malgré les appels du président de la session spéciale, le Marocain Abdelouahab Bellouki, en faveur d'"une coopération constructive" entre tous "pour débarrasser la planète des armes chimiques une bonne fois pour toutes", de nets clivages sont apparus. La Russie, qui a critiqué la tenue de cette réunion, s'opposera au projet britannique et présentera une proposition distincte, selon le chef de sa délégation, Gueorgui Kalamanov, cité par l'agence publique russe RIA Novosti. "Nous estimons que les pouvoirs que la Grande-Bretagne veut donner à l'OIAC appartiennent au Conseil de sécurité de l'ONU et c'est le seul organe qui a le droit de prendre de telles décisions", a-t-il dit. Avec l'appui des représentants iranien et syrien, l'ambassadeur de la Russie aux Pays-Bas, Alexandre Choulguine, a longuement tenté de noyer les débats avec des questions de procédure mardi. La seule adoption de l'ordre du jour a nécessité près de trois heures, suscitant l'agacement des délégués américain et canadien. Pour les pays occidentaux, le rôle de l'OIAC doit évoluer et s'élargir. "Nous croyons fermement que c'est le rôle et la responsabilité de la communauté internationale (...) d'identifier et de tenir responsables les individus, entités, groupes ou gouvernements ayant employé des armes chimiques", a déclaré la Bulgare Judit Koromi au nom de l'UE et de plusieurs autres pays européens. "La question de l'attribution (des attaques chimiques, ndlr) peut et doit relever de l'OIAC", a-t-elle dit. Publics le premier jour, les pourparlers se dérouleront ensuite à huis clos. Faute de consensus initial sur le projet de résolution britannique, celui-ci pourra faire l'objet d'un vote qu'après un délai de 24 heures, vraisemblablement mercredi. Pour être approuvé, il devra obtenir une majorité des deux tiers des votants. (Belga)

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