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Attaques de l'Aude: Arnaud Beltrame, le gendarme tombé en "héros"

Attaques de l'Aude: Arnaud Beltrame, le gendarme tombé en
Photo prise en 2018 fournie par la gendarmerie nationale, de l'officier gendarme Arnaud Beltrame mort le 24 mars 2018 dans le cadre des attaques de Carcassonne et TrèbesHO

Le lieutenant-colonel de gendarmerie Arnaud Beltrame, décédé après s'être substitué à une otage du tueur jihadiste de l'Aude, suscitait l'admiration samedi en France pour avoir été fidèle jusqu'à son dernier souffle à son sens du "sacrifice".

"En donnant sa vie pour mettre un terme à l'équipée meurtrière d’un terroriste djihadiste, il est tombé en héros", a souligné le président Emmanuel Macron, avant que l'Elysée n'annonce qu'un hommage national lui serait rendu.

Pour ses proches, toutefois, l'acte de bravoure de Beltrame était une évidence, vu les convictions chevillées au corps du gendarme qui s'était engagé il y a 23 ans comme officier de réserve dans l'artillerie avant de gravir les échelons de la gendarmerie.

"Il me disait: +je fais mon travail maman, c'est tout+", a confié sa mère au micro de RTL. "Ça ne m'étonne pas de lui (...) Il a toujours été comme ça ", a-t-elle ajouté.

"Sous le choc", sa femme, vétérinaire, a indiqué que c'était dans sa nature "d'aller jusqu'au bout, d'être au service des autres", a confirmé sur BFM TV le général Richard Lizurey, directeur général de la Gendarmerie Nationale.

"Seule sa foi peut expliquer la folie de ce sacrifice qui fait aujourd'hui l'admiration de tous", a témoigné le père Jean-Baptiste, qui a accompagné Arnaud Beltrame et son épouse Marielle dans leur préparation au mariage religieux, prévu en juin. "Il savait que sa vie (...) était aussi à Dieu, à la France, à ses frères en danger de mort", a écrit le prêtre sur le site du diocèse, en évoquant en particulier l'"authentique conversion" du gendarme à près de 33 ans.

Pour Philippe Charuel, grand maître de la Grande Loge de France, dont Arnaud Beltrame était initié, "quand on entre à la Grande Loge, on dit qu'on doit être prêt à donner jusqu'à sa dernière goutte de sang pour des valeurs, pour la République, pour la patrie… Il avait pesé cet engagement, qui n'est pas que symbolique".

- Missions sensibles en Irak -

Agé de 44 ans, le lieutenant-colonel, silhouette élancée, yeux clairs, dont la famille est originaire du Morbihan, était sorti major de l’Ecole militaire interarmes de Saint-Cyr Coëtquidan en 1999, où ses supérieurs avaient décelé en lui un militaire "qui se bat jusqu'au bout et n'abandonne jamais", selon l'Elysée.

Il était sorti également major de l'école des officiers de la gendarmerie en 2001 avant d'être retenu en 2003 avec six autres gendarmes sur 80 candidats pour intégrer le GSIGN (actuel GIGN). Il avait ensuite fait partie de l'Escadron parachutiste d'intervention de la Gendarmerie nationale (EPIGN), une unité d'élite.

"Il a effectué des missions extrêmement sensibles en Irak" comme en 2005 "où il a participé à une mission d''extraction extrêmement difficile d'une ressortissante française", a indiqué le général Lizurey.

Devenu par la suite commandant de compagnie au sein de la Garde Républicaine affecté pendant quatre ans à la sécurité de l'Elysée, il avait également été commandant de la compagnie d'Avranches (Manche) jusqu'en 2014, avant de devenir conseiller auprès du secrétaire général du ministère de l’Écologie.

- 'Vous êtes très courageux' -

Marié sans enfants, Arnaud Beltrame venait d'arriver dans la préfecture de l'Aude comme officier adjoint du groupement de gendarmerie départemental.

Et samedi, devant la caserne où étaient postés deux gendarmes en faction, les habitants de Carcassonne et des environs ont afflué malgré la pluie et déposé des dizaines de bouquets de fleurs en hommage au gendarme.

Sur ces bouquets, des cartes de condoléances ou des lettres manuscrites comme celle de la petite Lilou disant: "A l'école, nous avons eu très peur (...) Vous êtes très courageux".

"C'est un héros, j'ai pas dormi de la nuit, j'ai beaucoup prié en pensant qu'il y aurait un miracle, qu'on le sauverait. Il a sauvé des vies", a déclaré, très émue, Marie-Claire Castel, habitante de Montlegun, près de Trèbes.

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