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Arrêtée par la police pour un tweet: la journaliste avait critiqué un magistrat

Arrêtée par la police pour un tweet
Capture d'écran de la photo de @sedefkabas
 
 

La journaliste turque Sedef Kabas a été placée en garde à vue mardi pour un tweet dans lequel elle critique le magistrat ayant enterré le scandale de corruption qui a fait vaciller le pouvoir islamo-conservateur en Turquie, ont rapporté les médias turcs.

Mme Kabas avait écrit sur son compte Twitter un message dans lequel elle a demandé aux Turcs de ne pas oublier le nom du juge qui a prononcé un non-lieu général dans les enquêtes de corruption qui ont touché le régime à l'hiver 2013-2014, en particulier le Premier ministre de l'époque Recep Tayyip Erdogan et son entourage. Un juge d'Istanbul a engagé des poursuites à l'encontre de la journaliste pour avoir "présenté comme des cibles les personnes chargées de lutter contre le terrorisme", a indiqué son avocat Celal Ülgen qui a dénoncé une procédure "illégale".

Son appartement perquisitionné

Son appartement stambouliote a été perquisitionné et son ordinateur ainsi que son portable ont été placés sous scellés. La journaliste et présentatrice d'émissions à la télévision a été déférée devant un tribunal qui l'a remise en liberté mais doit encore l'entendre lundi.

Par ailleurs, dans une procédure séparée, un autre journaliste Mehmet Baransu, critique sévère du régime d'Ankara, a été interpellé pour la quatrième fois tôt mardi, avant d'être libéré dans l'après-midi. M. Baransu est un journaliste d'investigation du journal Zaman proche de la mouvance islamiste de l'imam Fethullah Gülen, l'ex-allié de M. Erdogan devenu son principal adversaire.

M. Erdogan, élu président en août dernier, a juré d'en finir avec M. Gülen et la confrérie qu'il dirige qui a des intérêts dans les médias et les finances. Il l'accuse d'avoir voulu le renverser en manipulant les enquêtes de corruption le visant l'an dernier.

Les autorités judiciaires s'acharnent depuis sur les milieux liés à M. Gülen. Début décembre plusieurs journalistes d'opposition ont été arrêtés. Parmi eux, Hidayet Karaca, le directeur de la chaîne Samanyolu, a été inculpé pour "terrorisme".


 




 

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