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Asile et migration - Canberra ferme deux centres de détention de migrants, "mesure vide" pour les observateurs

(Belga) Le gouvernement australien a annoncé mercredi son intention de fermer deux centres d'immigration sur son sol, preuve selon Canberra que le système de détention offshore, controversé, dissuade les migrants cherchant à rejoindre illégalement les côtes australiennes. Les défenseurs des droits des migrants parlent en revanche d'une "mesure vide" alors que le nombre de migrants en détention dans des "usines à maladies mentales" n'a pas chuté.

Un centre installé à Melbourne, et aux conditions de détention réputées particulièrement dures, va être immédiatement fermé; un autre à Sydney cessera ses activités en mai, a annoncé le ministre de l'Immigration australien David Coleman dans une déclaration publiée mercredi. Il affirme que le nombre d'arrivées clandestines a chuté et que la fermeture de ces centres est la preuve que le système de détention de migrants interceptés en mer dans des centres d'immigration délocalisés dans des îles du Pacifique est un succès. "Ce gouvernement a stoppé les bateaux, placé les enfants hors des centres de détention et fermé les infrastructures de détention de migrants auparavant remplies", s'est réjoui M. Coleman. Les défenseurs des droits des réfugiés affirment toutefois qu'il s'agit d'une mesure vide car le gouvernement a en contrepartie augmenté la capacité des sept autres centres d'immigration en Australie. "Il n'y a pas eu de baisse significative du nombre de personnes détenues sur le continent", a critiqué Ian Rintoul, porte-parole de l'association Refugee Action Coalition. "Le gouvernement détruit systématiquement les vies de ceux qu'il maintient dans ces 'usines à maladies mentales'", a critiqué M. Rintoul. "Le gouvernement affirme que 1.250 personnes sont désormais détenues dans des complexes sous haute-sécurité en Australie. Ce chiffre tient compte des arrivées par bateau de 2013, quand le programme de détention offshore a commencé, des gens dont les visas ont été annulés pour des raisons de profils et des gens qui ont dépassé la date de validité de leur visa. Environ 1.000 personnes sont toujours placées dans des centres délocalisés sur l'île de Nauru et celle de Manus en Papouasie Nouvelle-Guinée, dont certains y vivent depuis 2013", décompte le porte-parole déplorant l'absence de projet politique pour fermer ces centres. La question sensible ne manquera pas d'être un sujet majeur lors de la campagne électorale en Australie en vue des élections en mai. (Belga)

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