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Athlétisme: au Qatar, les Mondiaux de la controverse

Athlétisme: au Qatar, les Mondiaux de la controverse
Le Khalifa International Stadium de Doha, au Qatar, le 24 septembre 2019 Kirill KUDRYAVTSEV

Chaleur accablante, soupçons de corruption, blocus et tensions géopolitiques: le Qatar accumule les points noirs au moment d'organiser pour la première fois les Mondiaux d'athlétisme qui débutent vendredi à Doha.

Environ 40 degrés en journée, avec un taux d'humidité de 85%, la météo du Qatar, même au début de l'automne, rend la pratique de l'athlétisme surhumaine.

Face à l'impossible, le Qatar a rénové son "vieux" stade Khalifa (inauguré en 1976) et installé un système de climatisation, déjà testé lors des meetings de Ligue de diamant, bien que l'édifice soit semi-ouvert.

Un système gourmand en énergie qui attire les critiques sur le bilan environnemental du Mondial, même si les organisateurs assurent qu'il consomme 40% d'énergie en moins que les systèmes traditionnels.

Pour les épreuves sur route (marathons, 20 et 50 km marche) le programme a été décalé afin de les disputer en pleine nuit sur le front de mer de "la Corniche", lorsque la température est la plus "fraîche" (environ 30 degrés annoncés tout de même).

- Corruption -

La justice française enquête sur des soupçons de corruption liés aux candidatures du Qatar pour l'accueil des Mondiaux 2017, finalement attribués à Londres, puis 2019 lorsque Doha avait été préféré à Eugene (Oregon).

Les juges enquêtaient au départ seulement sur un pacte de corruption entre la Russie et le sommet de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF), notamment son ex-président Lamine Diack, afin d'étouffer des cas de dopage. Mais l'écheveau de virements suspects a fini par éclabousser l'attribution des Jeux de Rio (2016) et de Tokyo (2020), en plus des Mondiaux d'athlétisme.

Cette information judiciaire a connu un coup d'accélérateur spectaculaire en mai avec les inculpations de plusieurs figures du monde sportif et médiatique dont le Qatari Nasser Al-Khelaïfi, président du club de football français du Paris Saint-Germain.

Les juges s'intéressent à deux versements de 3,5 millions de dollars au total en 2011 de la part de la société Oryx Qatar Sports Investment (QSI) - dirigée par Khalid Al-Khelaïfi, le frère de Nasser - au profit d'une société de marketing sportif dirigée par Papa Massata Diack, fils de l'ancien président de l'IAAF, au coeur du scandale de corruption. Le président du PSG et de la chaîne BeIn Sport conteste lui toute malversation.

- Spectateurs -

Quasiment vide lors des Championnats d'Asie d'athlétisme disputés à Doha en avril, le Khalifa Stadium pourrait être loin de faire le plein pendant les 10 jours de compétitions.

Le quotidien britannique The Guardian indique que seulement 50.000 billets ont été vendus pour l'ensemble des 10 jours, pour un stade d'une capacité de 46.000 places.

Les tickets "se vendent bien" assurent de leur côté les organisateurs qui espèrent la venue des expatriés, notamment américains et kényans.

Autre contretemps, les fans présents ne savent pas encore s'ils pourront accéder au stade en métro, la nouvelle ligne n'étant pas encore totalement prête.

- Blocus -

Depuis juin 2017, l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et Bahreïn, mais aussi l'Egypte, imposent un blocus diplomatique et économique au Qatar, accusant Doha de ne pas prendre assez de distance avec l'Iran, puissance régionale rivale de l'Arabie saoudite, et de soutenir des groupes islamistes radicaux, ce que Doha nie.

Les citoyens de ces pays ne peuvent normalement se rendre au Qatar, ce qui n'arrange pas les problèmes de billetterie.

Malgré cela, le Bahreïn a prévu d'envoyer vingt-et-un athlètes à Doha, l'Egypte cinq, l'Arabie Saoudite trois et les Emirats Arabes Unis un.

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