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Athlétisme: blanchi par l'Usada, Christian Coleman verra bien Doha

Athlétisme: blanchi par l'Usada, Christian Coleman verra bien Doha
L'athlèthe américain Christian Coleman (C) après sa victoire sur 100 m à Bruxelles le 31 août 2018JOHN THYS

Christian Coleman peut souffler: la nouvelle star américaine du 100 m pourra bien se présenter en favori du 100 m aux Mondiaux de Doha (27 septembre-6 octobre), après avoir été blanchi par l'Agence antidopage américaine (Usada).

L'instance a annoncé lundi avoir retiré les charges qui pesaient sur le sprinteur le plus rapide de la planète depuis la retraite d'Usain Bolt et détenteur de la meilleur performance de l’année sur la ligne droite en 9 sec 81, soupçonné de trois manquements aux contrôles antidopage.

Outre les Mondiaux, Coleman, qui encourrait une suspension pouvant aller jusqu'à deux ans, risquait également de manquer les prochains Jeux olympiques de Tokyo.

Mais l'athlète de 23 ans, qui avait réfuté les accusations portées contre lui et devait être auditionné mercredi, a bénéficié d'une erreur commise par l'Usada dans l'enregistrement des trois contrôles inopinés supposément manqués sur douze mois.

L'instance américaine avait initialement indiqué que Coleman avait contrevenu aux règles de localisation le 6 juin 2018, le 16 janvier 2019 et le 26 avril 2019, "parce qu'il ne se trouvait pas à l'adresse qu'il avait indiqué pour pouvoir subir des contrôles".

Mais le sprinteur américain a fait valoir le fait, en s'appuyant sur un règlement de l'Agence mondiale antidopage (Standard international pour les contrôles et les enquêtes), que sa première infraction datait du 1er avril 2018 et non du 6 juin 2018.

L'Usada, après avoir consulté l'AMA, a donc déduit de ce règlement que Coleman avait commis non pas trois mais deux infractions en douze mois.

En conséquence, l'Usada a décidé que l'athlète américain ne pouvait plus être accusé et a été blanchi.

- "Présumé innocent" -

"Chaque athlète est présumé innocent tant que son cas n’est pas réglé dans le cadre d'une procédure légale. C’est le cas de Christian Coleman qui, aux yeux de l’Usada, n’a pas commis d’infraction aux règles antidopage et est à nouveau autorisé à courir", a déclaré dans un communiqué Travis Tygart, le patron de l'instance.

"Une application cohérente des règles antidopage est essentielle pour tous les cas. Et nous avons appliqué les règles à M. Coleman de la manière dont l'Usada croit qu'elles devraient être appliquées à tout autre athlète de niveau international", a-t-il ajouté.

Selon les règles antidopage en vigueur les athlètes doivent indiquer leurs localisations géographiques aux instances de lutte contre le dopage 90 jours à l'avance.

L'Usada a indiqué que Coleman avait fourni en 2018/2019 ses informations de localisation au début de chaque trimestre, comme requis, et avait été testé par l'agence à 20 reprises.

L’Agence mondiale antidopage et l’Unité d’intégrité de l’athlétisme de la Fédération internationale (IAAF), qui ont été notifiées de la décision de l'Usada, peuvent faire appel.

En attendant, Coleman, qui avait assuré sur NBC il y a dix jours "ne pas être le genre à prendre des compléments, quels qu'ils soient" et ne se montrait "pas inquiet des tests antidopage, à aucun moment", peut désormais se focaliser sur la course majeure qui pourrait le voir sacré à Doha dans trois semaines.

Celui qui avait fini 2e des derniers Mondiaux en 2017, devant la légende Usain Bolt, mais derrière son compatriote Justin Gatlin, devra défendre son nouveau statut de grand favori, avec probablement le sentiment de revanche en guise de motivation supplémentaire.

Mais s'il s'impose, l'ombre d'un doute voilera sa performance, alors que ces accusations, désormais même retirées, ne "sont pas une bonne publicité", avait reconnu la semaine passée le patron de l'athlétisme mondial (IAAF) Sebastian Coe dans une interview à l'AFP.

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