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Attentat d'Ahvaz: l'Iran privilégie la piste séparatiste arabe

Téhéran privilégie la piste séparatiste arabe, au lendemain de l'attentat ayant coûté la vie à 29 personnes à Ahvaz, dans le sud-ouest de l'Iran, et a également accusé un "petit" État du Golfe d'être derrière cet acte "terroriste".

La République islamique a aussi reproché à trois pays européens, le Danemark, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas, d'abriter des membres du "Front populaire et démocratique des Arabes d'Ahvaz", groupe séparatiste mis en cause par Téhéran dans cette attaque lors d'un défilé militaire.

Selon un bilan officiel, 29 personnes ont été tuées à Ahvaz, capitale de la province du Khouzestan, par un commando de quatre hommes ayant ouvert le feu samedi matin sur la foule qui assistait à ce défilé, à l'occasion de la Journée nationale des forces armées, qui marque chaque année l'anniversaire du déclenchement, par Bagdad, de la guerre Iran-Irak (1980-1988).

Le Khouzestan est peuplée majoritairement d'Arabes.

Le drame d'Ahvaz a fait la une des journaux iraniens, dimanche, nombre de quotidiens publiant les photos de soldats portant des enfants tombés sous les balles du commando, dont les quatre membres ont été tués. Plusieurs titres ont insisté sur l'"unité" de la nation iranienne face à cette attaque.

"Nous n'avons aucun doute sur l'identité de ceux qui ont fait ça", a dit le président iranien Hassan Rohani, avant de décoller pour New York, où il participera à l'Assemblée générale annuelle des Nations unies.

"Tant que (le dictateur irakien) Saddam (Hussein) était en vie, ils étaient ses mercenaires", a dénoncé M. Rohani, dans une allusion au groupe séparatiste arabe incriminé.

"Ensuite, ils ont changé de maître et un des pays de la rive sud du golfe Persique" s'est chargé de les soutenir, a poursuivi le président iranien, sans nommer le moindre pays.

- "Pays mercenaires" -

"Tous ces petits pays mercenaires que nous voyons dans la région sont soutenus par les États-Unis. Ils sont encouragés par les Américains", a encore dit M. Rohani.

Abbas Araghchi, vice-ministre des Affaires étrangères iranien, a annoncé sur son compte Instagram que le chargé d'affaires des Emirats arabes unis à Téhéran allait être convoqué dimanche à cause de propos tenus par des "responsables de ce pays" sur l'attentat d'Ahvaz.

Le groupe jihadiste État islamique (EI) a revendiqué l'attentat d'Ahvaz, mais les autorités iraniennes ne semblent pas prendre cette revendication au sérieux.

Le ministère des Affaires étrangères iranien a annoncé dans la nuit avoir convoqué samedi les diplomates représentant le Danemark, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas à Téhéran. Il leur a fait part des "fortes protestations de l'Iran contre le fait que leurs pays respectifs abritent certains membres du groupe terroriste ayant perpétré l'attaque" d'Ahvaz.

Un revendication, au nom du "Front populaire et démocratique des Arabes d'Ahvaz", a été diffusée samedi sur une chaîne satellitaire, Iran International.

Dans un communiqué publié sur son site, ce groupe a nié toute implication, et accusé les autorités de Téhéran d'avoir commandité l'attaque pour détourner l'attention du soutien qu'elles apportent "à des milices dans la région".

Ignorant ce démenti, la République islamique a haussé le ton envers la Grande-Bretagne: les Affaires étrangères ont dit avoir insisté auprès du chargé d'affaires britannique sur le fait qu'il était "inacceptable que le porte-parole (de ce groupe séparatiste) soit autorisé à revendiquer cet acte terroriste à l'antenne d'une TV basée à Londres".

- "Conspiration" américaine -

Samedi, la Russie, la Turquie, la Syrie et la France ont condamné fermement l'attentat d'Ahvaz.

Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a vu dans cette attaque "une continuation de la conspiration des gouvernements de la région à la solde des États-Unis".

D'autres responsables iraniens ont accusé, qui l'Arabie saoudite, qui "deux États (arabes) du Golfe" d'avoir armé ou financé le commando.

L'Arabie saoudite, alliée des États-Unis, est le grand rival régional de l'Iran. Les deux pays s'opposant sur de nombreux dossiers au Moyen-Orient, notamment dans les conflits en Syrie et au Yémen.

Téhéran et Ryad ont rompu leurs relations diplomatiques en janvier 2016.

L'Iran entretient également des relations tendues avec les Emirats, dont ils dénoncent régulièrement la participation à la coalition militaire sous commandement saoudien qui combat au Yémen contre les rebelles Houthis. Téhéran dit soutenir politiquement cette rébellion, mais pas militairement.

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