Attentats-suicides à Kaboul et dans le sud, au moins 3 morts

Attentats-suicides à Kaboul et dans le sud, au moins 3 morts
Des agents de sécurité sur le lieu d'un attentat suicide à Kabouk, le 24 février 2018WAKIL KOHSAR

Trois attentats-suicides ont visé le siège des renseignements afghans (NDS) à Kaboul et deux positions du NDS et de l'armée dans le Helmand (sud) samedi matin, faisant au moins trois morts et une vingtaine de blessés, selon des sources officielles.

A Kaboul, un kamikaze à pied a déclenché sa charge devant le siège du NDS, "tuant une personne et en blessant six", a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère de l'Intérieur Najib Danish.

L'attentat s'est produit en pleine heure de pointe, vers 8H30 (4H00 GMT), immédiatement après un checkpoint du NDS qui n'a donc pas réussi à arrêter le kamikaze. L'opération n'a pas été immédiatement revendiquée.

Les témoins présents ont fait état d'une "énorme explosion" en lisière de la zone verte, le quartier diplomatique, à proximité de l'ambassade américaine et du siège de l'opération Resolute Support de l'Otan, commandée par des officiers américains.

Mais selon une source à l'intérieur du NDS, ce sont bien les renseignements afghans qui étaient visés: "L'explosion s'est produite devant l'entrée principale. Le mort est un civil, les blessés appartiennent tous au NDS", a-t-elle précisé.

Simultanément, deux attentats-suicides ont visé une base militaire et un poste de police dans le Helmand: ces deux attaques ont été revendiquées sur Twitter par les talibans qui contrôlent dix des quatorze districts de cette province du sud qui assure près de la moitié de la production d'opium afghan.

Pour la première de ces attaques, dans le district de Nad Ali repris il y a quelques mois par l'armée afghane, les talibans ont lancé un humvee bourré d'explosifs contre une base militaire mais "le véhicule a été repéré par les soldats qui l'ont détruit avec un tir de RPG (lance-roquettes)" avant qu'il puisse atteindre son but, a rapporté à l'AFP le porte-parole provincial Omar Zawak.

“Malheureusement, deux soldats ont été tués dans l'opération et sept blessés", a-t-il ajouté.

Les talibans s'étaient emparés de plusieurs dizaines de humvees de l'armée afghane à l'automne 2016, lors de combats qui avaient occasionné de nombreuses désertions et redditions dans les rangs pro-gouvernementaux.

Depuis, les forces américaines ont lancé plusieurs raids aériens pour détruire ces humvees, régulièrement utilisés pour conduire des attentats-suicides.

Peu après cette première opération, une autre voiture-suicide a explosé contre le mur d'enceinte des bureaux du NDS dans la capitale provinciale du Helmand, Lashkar Gah, faisant huit blessés, selon le porte-parole de la police du Helmand Salaam Afghan joint par l'AFP.

L'Afghanistan a connu fin janvier une série de quatre attaques en une semaine, dont trois à Kaboul: la dernière, revendiquée par les talibans le 27 janvier et perpétrée par une ambulance piégée dans une rue suppposée sécurisée, avait fait plus de 100 morts et 250 blessés.

Depuis, la zone diplomatique et les rues abritant des bâtiments officiels vivent en état de siège avec une multiplication des barrages, de nombreux axes bloqués et un trafic en permanence congestionné. Cette situation oblige beaucoup de Kabouli à abandonner leur voiture et renforce la peur d'attentats au milieu de la circulation.

Le barrage de contrôle par lequel est passé le kamikaze samedi matin garde l'accès au NDS ainsi qu'aux ministères de la Défense, des Mines et des Affaires sociales; il avait déjà été visé le 25 décembre par un attentat-suicide qui avait fait six morts. L'opération avait été revendiquée par le groupe Etat islamique.

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