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Au G7, la meilleure défense de Trump, c'est l'attaque

Y passer un minimum de temps tout en ouvrant un maximum de fronts: au sommet du G7, Donald Trump, loin d'être sur la défensive face à des partenaires à bout de patience, imprime son rythme.

Le président américain, dernier arrivé vendredi dans la petite ville canadienne de La Malbaie, dont il repartira le premier samedi, avant la fin des débats, n'a pas caché qu'il s'intéressait bien plus à sa rencontre de la semaine prochaine avec le leader nord-coréen Kim Jong Un qu'à cette réunion de famille avec le Canada, la France, l'Allemagne, l'Italie, le Japon et le Royaume-Uni.

De hauts responsables de la Maison Blanche avaient même commencé à blaguer sur son éventuelle défection.

Mais les critiques virulentes du président français Emmanuel Macron et du Premier ministre canadien Justin Trudeau, qui avant le sommet se sont dit prêts à "isoler" les Etats-Unis, ont réveillé son appétit de confrontations.

Sur Twitter, le président américain a rendu coup pour coup à Paris et Ottawa, s'est plaint d'être "très mal" traité sur le plan commercial, et a promis, si besoin, de surenchérir dans la bataille de tarifs douaniers qu'il a lui-même déclenchée.

- Faites revenir la Russie -

Et vendredi, Donald Trump a même ouvert un nouveau front en réclamant un retour de la Russie auprès des pays membres du G7, qui l'avaient exclue en 2014 après l'annexion de la Crimée.

Pas question donc de jouer les seconds rôles pour le milliardaire de 71 ans, qui n'hésite pourtant pas à sécher des rencontres s'annonçant trop délicates.

Cette année, Donald Trump a ainsi annulé à la dernière minute un sommet avec des chefs d'Etat et de gouvernement d'Amérique latine, qui s'annonçait particulièrement tendu. Officiellement pour s'occuper des frappes aériennes contre la Syrie.

Et cette semaine, il a retiré l'invitation à la Maison Blanche transmise aux Philadelphia Eagles, vainqueurs du dernier Super Bowl, dont beaucoup avaient décidé de snober la rencontre.

C'est donc avec un certain soulagement que ses conseillers l'ont vu monter vendredi main dans son son avion à destination du Canada. En retard, toutefois.

Donald Trump s'est prêté avec le sourire à la traditionnelle photo de famille du G7, mais pour ses partisans, cette image apaisée compte moins que l'attitude offensive d'un président américain seul contre tous, défendant "l'Amérique d'abord", ce slogan sur lequel il a été élu .

"Le président a fait campagne pour la défense des travailleurs américains et contre des accords commerciaux injustes qui détournent nos emplois et notre richesse vers l'étranger", a commenté Marc Lotter, ancien conseiller du vice-président Mike Pence.

Evoquant les taxes douanières du Canada sur les produits laitiers américains, et les exportations de voitures européennes vers les Etats-Unis, il a ajouté: "Les gens voient que la direction prise par le président est la bonne, et qu'elle fonctionne".

Donald Trump semble avoir transmis son goût de la confrontation, au moins verbale, à ses partenaires.

Emmanuel Macron, qui avait multiplié les signes d'amitié envers le président américain lors d'un récent déplacement à Washingon, adopte désormais un ton plus sec.

"Peut-être que ça est égal au président américain d'être isolé mais ça nous est aussi égal d'être à 6 si besoin était", assure désormais le président français. Que Donald Trump a toutefois tenu à rencontrer pour un bref tête-à-tête dès son arrivée à La Malbaie.

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