Au moins 14 soldats maliens tués dans l'attaque d'un camp militaire

Au moins 14 soldats maliens tués dans l'attaque d'un camp militaire
Une patrouille de l'armée malienne le 2 novembre 2017 dans le désert du centre du Mali, aux confins des frontières du Burkina Faso et du NigerDaphné BENOIT

Au moins quatorze soldats maliens ont été tués samedi lors d'une attaque contre leur camp militaire dans le nord du Mali, a annoncé l'armée malienne en évoquant une action de "terrorisme".

"Les (Forces armées maliennes) FAMa ont été attaquées tôt ce matin aux environs de 4H00 à Soumpi (Tombouctou). Les FAMa déplorent 14 morts, 18 blessés et des dégâts matériels", indique l'armée malienne sur sa page Facebook.

Joint par l'AFP, un responsable militaire local avait indiqué que dix soldats avaient péri dans "cette attaque des terroristes contre le camp de Soumpi. Il y a eu 17 blessés".

Un responsable civil local avait confirmé ce bilan de dix morts et ajouté que cinq blessés avaient été transférés vers la ville voisine de Niafunké, à 100 km au sud-ouest de Tombouctou.

L'attaque contre le camp de Soumpi intervient deux jours après la mort de 26 civils, dont des mères et leurs bébés, tués par l'explosion d'une mine à Boni, dans le centre du Mali, selon un bilan des Nations unies.

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a indiqué dans un tweet avoir annulé son déplacement au sommet de l'Organisation de l'unité africaine (OUA) à Addis Abeba pour se rendre à Boni samedi.

Le Conseil de sécurité de l'ONU avait indiqué "condamner de la manière la plus ferme une attaque terroriste barbare et lâche", à propos de l'incident de jeudi.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda. Ces groupes en ont été en grande partie chassés par une intervention militaire internationale, lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France, qui se poursuit actuellement.

En juin 2015, le gouvernement malien a signé un accord de paix avec des coalitions de groupes armés non jihadistes. Mais des zones entières du pays échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères, régulièrement visées par des attaques, malgré la signature de ce texte censé isoler définitivement les jihadistes, mais dont l'application accumule les retards.

Le Conseil de sécurité de l'ONU, unanime, a sommé mercredi les signataires de l'accord de paix de 2015, d'en relancer l'application, sous peine de sanctions d'ici à fin mars.

Il a évoqué "un besoin pressant de fournir aux populations du nord et d'autres régions du Mali des dividendes tangibles et visibles de la paix" avant les élections prévues cette année.

Depuis 2015, les attaques se sont étendues au centre et au sud du Mali et le phénomène gagne les pays voisins, en particulier le Burkina Faso et le Niger.

Face à la dégradation de la situation aux confins de ces trois pays, le G5 Sahel a réactivé en 2017, avec le soutien de la France, son projet de force conjointe antijihadiste, initialement lancé en novembre 2015. Outre le Mali, le G5 Sahel comprend la Mauritanie, le Niger, le Tchad et le Burkina Faso.

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