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Brésil: brève sortie de prison de Lula pour les obsèques de son petit-fils

Brésil: brève sortie de prison de Lula pour les obsèques de son petit-fils
L'ancien président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva (2e d) s'apprête à monter à bord d'un avion depuis l'aéroport de Curibita pour Sao Paulo et assister à l'enterrement de son petit-fils le 2 marsVALQUIR AURELIANO

L'ex-président brésilien Lula est arrivé samedi à Sao Paulo sous escorte policière, après avoir obtenu une permission de sortie de prison de quelques heures pour assister aux obsèques de son petit-fils décédé à l'âge de sept ans.

Le chef historique de la gauche brésilienne a quitté en début de matinée sa cellule de Curitiba -- où il purge une peine de plus de 12 ans de prison pour corruption -- par hélicoptère. Il a ensuite embarqué à bord d'un avion pour Sao Paulo (sud-est), à 400 km de là, a constaté l'AFP.

Luiz Inacio Lula da Silva avait été autorisé tard vendredi par la justice à quitter le siège de la police fédérale, où il est incarcéré depuis avril 2018, pour se rendre aux obsèques du petit Arthur, l'un de ses petits-enfants décédé d'une méningite.

"La participation de Lula aux obsèques a été autorisée. Afin de préserver l'intimité de la famille et la sécurité non seulement du détenu mais aussi celle du public, les détails du voyage seront secrets", avait annoncé la Justice fédérale du Parana, dont Curitiba est la capitale.

L'ex-président de 73 ans était attendu au cimetière de Sao Bernardo do Campo, en banlieue de Sao Paulo, où doit être incinéré à 12H00 (15H00 GMT) Arthur, fils de Sandro Luiz Lula da Silva, l'un de ses cinq fils.

De nombreux proches de l'ancien chef d'Etat étaient présents, y compris l'ex-présidente Dilma Rousseff qui lui avait succédé et des sympathisants vêtus de la couleur rouge du Parti des Travailleurs (PT) de Lula, qui reste très aimé de millions de Brésiliens.

C'est la deuxième fois que l'ex-dirigeant sort de prison. En novembre, il avait quitté sa cellule pendant quelques heures pour se rendre à un interrogatoire à Curitiba.

Mais il n'avait été autorisé à assister fin janvier aux obsèques de son frère Vava, mort d'un cancer à 79 ans, qu'une fois celles-ci commencé. Il avait alors dénoncé "une pure méchanceté".

- "Un voyou en vue " -

Décédé vendredi dans un hôpital de Sao Paulo, le petit Arthur avait rendu visite deux fois à son grand-père dans sa cellule de Curitiba.

M. Lula "est très triste et dit qu'il ne s'était jamais attendu à une nouvelle comme celle-ci", a expliqué vendredi aux journalistes la présidente du PT, Gleisi Hoffmann, après avoir rendu visite à l'ex-président en prison. "Il est ému, abattu, il a pleuré plusieurs fois et nous avons essayé de le consoler".

Ce nouveau drame personnel a valu à Lula des témoignages de sympathie sur les réseaux sociaux, y compris de ses ennemis politiques, tel le président de l'Assemblée nationale Rodrigo Maia, qui lui a exprimé sa "totale solidarité".

Mais une fois de plus, l'un des fils du président Jair Bolsonaro, le député Eduardo, a créé la polémique, en critiquant l'autorisation de sortie de Lula.

"Lula est un prisonnier de droit commun. Quand un parent d'un autre prisonnier meurt, est-il escorté lui aussi par la police fédérale pour aller aux obsèques?" a-t-il demandé sur Twitter.

"L'autorisation de sortie temporaire de Lula est absurde", a-t-il ajouté, "elle ne fait que permettre à un voyou en vue de se faire passer pour une pauvre victime", a-t-il ajouté, déclenchant l'indignation de nombreux internautes.

Face au tollé, il a publié un deuxième tweet assurant que "hors de toute considération idéologique", la mort d'un enfant est "désolante et indésirable".

Son père, le président Jair Bolsonaro, habituellement très disert sur Twitter, observait le silence, rompant le code de compassion entre ennemis pour les drames intimes. Il avait souhaité à Lula de "pourrir en prison" lors de la campagne électorale fin 2018.

La figure iconique de la gauche brésilienne est emprisonnée pour avoir reçu un appartement en bord de mer de la part d'une entreprise de bâtiment en échange de faveurs dans l'attribution de marchés publics.

Le 6 février, il a été condamné à 12 ans et 11 mois de prison dans le cadre d'une autre affaire. Il n'a cessé de nier toute culpabilité et se dit victime d'une machination destinée à l'empêcher de revenir au pouvoir au Brésil, dont il a été le président de 2003 à 2010.

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