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Brésil: l'ex-juge Moro a tenté de déstabiliser le Vénézuélien Maduro

(Belga) L'ex-juge anticorruption Sergio Moro, devenu ministre de la Justice du président d'extrême droite Jair Bolsonaro, a organisé la fuite d'informations sur le Venezuela pour déstabiliser le gouvernement du socialiste Nicolas Maduro, selon des révélations du site d'investigation The Intercept Brasil.

Sur la base de messages obtenus de source anonyme, le site cofondé par le journaliste américain Glenn Greenwald distille depuis début juin des informations qui ont mis sur la défensive le juge Moro. Les responsables de l'enquête anticorruption Lava Jato (Lavage express) au Brésil auraient manoeuvré pour empêcher le retour de l'ex-président de gauche Lula au pouvoir l'an dernier, selon The Intercept. Dimanche, ce site a assuré que l'ancien magistrat, normalement tenu à l'impartialité et qui a toujours nié avoir eu des motivations politiques, a suggéré aux enquêteurs de faire fuiter des informations compromettantes pour le gouvernement Maduro en lien avec Odebrecht, le géant brésilien du BTP. "Peut-être qu'il faudrait révéler les confessions d'Odebrecht sur les pots-de-vin au Venezuela?", demande Moro à Deltan Dallagnol, procureur en chef chargé de l'enquête, le 5 août 2017 sur la messagerie cryptée Telegram. Un peu plus tôt, lors d'une conversation sur les fuites, M. Dallagnol avait dit à M. Moro: "Il y aura des critiques et un prix (à payer), mais cela vaut la peine de s'exposer, pour aider les Vénézuéliens". Ce même 5 août 2017, la procureur générale du Venezuela Luisa Ortega, ancienne chaviste devenue dissidente, avait été démise de ses fonctions par la toute nouvelle Assemblée constituante acquise au chef de l'Etat vénézuélien. Peu après, une fois réfugiée en Colombie, elle avait accusé Maduro d'être impliqué dans le vaste scandale de corruption autour d'Odebrecht, affirmant détenir des preuves. Dimanche dans un communiqué, le parquet de Curitiba (sud), qui a traité certains des volets les plus explosifs de l'enquête Lava Jato, a rejeté les accusations de The Intercept. Il a dit ne pas reconnaître "les messages attribués à ses membres ces dernières semaines. L'origine et la véracité des messages, obtenus via des cybercriminels, ne peuvent pas être confirmés", écrit le ministère public. (Belga)

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