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Brésil : les principaux ministres du gouvernement Bolsonaro

L'équipe ministérielle entrée en fonction mercredi au Brésil sous la présidence de Jair Bolsonaro est composée de 22 membres, dont sept militaires à la retraite, seulement deux femmes et pas un seul Noir.

Parmi les hommes forts de ce gouvernement d'extrême droite, un "Chicago Boy" pour redresser l'économie, un général comme mentor et une superstar de la lutte anticorruption à la Justice.

Le choix d'un fervent admirateur de Donald Trump aux Affaires Étrangères et d'une pasteure évangélique anti-avortement aux Droits de l'Homme est éloquent quant à la ligne politique que le président Bolsonaro compte suivre.

. Paulo Guedes, le gourou économique

Il est la caution ultra-libérale apportée par Bolsonaro pour gagner la confiance des marchés. Ce dernier avoue ne "rien comprendre" à l'économie, mais assure que son gourou Paulo Guedes aura réponse à tout.

Cet économiste de 69 ans au tempérament très affirmé a soutenu sa thèse à l'Université de Chicago, berceau du libéralisme économique moderne.

Il sera un "super-ministre" de l'Economie qui aura sous sa houlette les actuels ministères des Finances, de l'Industrie, du Commerce et du Plan. Un portefeuille immense qui pourrait être ingérable.

Son crédo : privatiser à tour de bras pour réduire la dette.

. Sergio Moro, le héraut anti-corruption

C'est sans aucun doute la plus belle prise de Bolsonaro, qui est parvenu à attirer un juge emblématique, adulé par des millions Brésiliens pour son combat sans merci pour la corruption, nommé ministre de la Justice.

Figure de proue de l'opération "Lavage express", qui a permis de mettre des dizaines de dirigeants de tous bords sur les verrous, son principal fait d'armes est la condamnation de l'ex-président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010), incarcéré depuis avril.

Sergio Moro, 46 ans, a promis mercredi, lors de sa prise de fonctions, de lutter encore plus efficacement contre la corruption, grâce à des moyens décuplés par sa présence au gouvernement.

Le magistrat a avoué avoir certaines "divergences" avec Bolsonaro, notamment en ce qui concerne la libéralisation du port d'armes ou la qualification en tant que "terroristes" de membres du Mouvement des paysans sans-terre (MST) qui occupent des fermes de grands propriétaires.

. Onyx Lorenzoni, le chef d'orchestre

C'est avec lui que Jair Bolsonaro compte compenser le manque d'expérience d'autres ministres dans les méandres tumultueux de la politique brésilienne.

Il occupe le poste de ministre de la Maison Civile, à mi-chemin entre Premier ministre et chef de cabinet.

Parlementaire chevronné, membre du parti de droite DE, Onyx Lorenzoni, 64 ans, a été l'éminence grise de la campagne de Bolsonaro. Entrant en fonction mercredi, il a déclaré que celui-ci "avait été appelé par Dieu".

. Augusto Heleno, le mentor

Jair Bolsonaro voue une grande admiration à ce général qui a été son instructeur à l'académie militaire, dans les années 1970. Il a été le premier commandant en chef de la mission de l'ONU en Haïti.

Augusto Heleno Ribeiro Pereira, 70 ans, est ministre du Cabinet de Sécurité Institutionnel, chargé notamment des services de renseignement et appelé à travailler au quotidien aux côtés du chef de l'Etat, sur lequel il exerce une forte influence.

Dans un entretien au journal Estado de S.Paulo en avril 2017, Bolsonaro a affirmé que le général pourrait occuper "le poste qu'il veut" dans son gouvernement et qu'il aurait aimé "être ministre sous sa présidence".

. Ernesto Araujo, le fan de Trump

Diplomate de carrière, il détonne pourtant au sein d'Itamaraty, le Quai d'Orsay brésilien, pour ses prises de position ouvertement pro-Trump, en rupture totale avec la tradition de multilatéralisme du Brésil.

Dans un blog, Ernesto Araujo, 51 ans, a fustigé notamment le "marxisme culturel" qui a "influencé le dogme scientifique du réchauffement climatique".

Ce nationaliste adepte des messages acerbes sur les réseaux sociaux a fermement l'intention d'adapter l'"Amérique d'abord" trumpienne en "Brésil d'abord". Mercredi il a évoqué un "réalignement" de la diplomatie brésilienne.

. Damares Alves, la pasteure anti-avortement

La ministre de la Femme, de la Famille et des Droits de l'Homme sera forcément attendue au tournant, dans le gouvernement d'un président d'extrême droite célèbre pour ses dérapages racistes, misogynes ou homophobes.

Ce n'est pas par hasard que Jair Bolsonaro a choisi pour ce portefeuille une femme pasteur évangélique, les églises néo-pentecôtistes ayant joué un rôle crucial dans son élection.

Malgré son profil ultra-conservateur, farouchement contre l'avortement, et critique féroce du féminisme, Damares Alves, avocate de formation, a annoncé dès sa nomination qu'elle souhaitait se rapprocher de la communauté LGBT.

Elle a désormais la lourde tâche de s'occuper de la sensible question indienne.

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