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Brésil : Lula de retour en prison après les obsèques de son petit-fils

L'ex-président brésilien Lula a regagné sa cellule samedi après avoir assisté avec émotion aux obsèques de son petit-fils près de Sao Paulo, à la faveur d'une permission de sortie de prison de quelques heures.

Le chef historique de la gauche brésilienne a pu assister à l'incinération d'Arthur, qu'une méningite a brutalement emporté à l'âge de sept ans.

Le déplacement de Lula, qui purge à Curitiba (sud) depuis 11 mois une peine de plus de 12 ans pour corruption, a été entouré de strictes mesures de sécurité tout en fournissant l'occasion à un demi-millier de ses sympathisants de l'acclamer.

L'ex-chef de l'Etat (2003-2010) avait été autorisé vendredi par la justice à quitter sa cellule au siège de la police fédérale, une disposition dont bénéficient des milliers de prisonniers au Brésil tous les mois.

Sous la surveillance de dizaines de policiers militaires armés, l'ex-président de 73 ans a regagné sa cellule à 15H45 heure locale (18H45 GMT). Il en avait été extrait près de neuf heures plus tôt pour se rendre dans un cimetière à Sao Bernardo do Campo, près de Sao Paulo, après avoir parcouru 400 km en avion depuis Curitiba.

De nombreux proches et amis de l'ancien chef d'Etat étaient présents, dont l'ex-présidente Dilma Rousseff et Fernando Haddad, le candidat du Parti des Travailleurs (PT) à la présidentielle d'octobre 2018.

Lula, qui reste très aimé par des millions de Brésiliens, a été applaudi à son arrivée au cimetière de Jardim da Colina par quelque 500 sympathisants et acclamé aux cris de "Lula libre !" et "Lula guerrier du peuple brésilien !".

La salle du crématorium où reposait dans un cercueil ouvert le corps d'Arthur était envahie de couronnes de fleurs envoyées par des responsables syndicaux et politiques - y compris par le président socialiste du Venezuela Nicolas Maduro, a rapporté le quotidien Folha de S.Paulo.

Au crématorium où seuls les proches étaient autorisés, Lula, en larmes, a prononcé un bref discours.

"Ces paroles nous ont tous bouleversés", a déclaré Joao Pedro Stedile, d'un mouvement rural, au site internet G1.

"Il a dit que (Arthur) était harcelé à l'école où les élèves lui disaient que son grand-père était un voleur. Il (lui) a promis qu'il lutterait par tous les moyens pour que la justice reconnaisse son innocence", a-t-il ajouté.

Lula est ressorti deux heures plus tard, saluant de la main d'un air grave tous ceux qui l'acclamaient et serrant furtivement quelques mains, encadré par les policiers militaires.

- "Très triste" -

Lula "est ému, abattu, il a pleuré plusieurs fois", a expliqué vendredi aux journalistes la présidente du PT, Gleisi Hoffmann, après lui avoir rendu visite.

C'est la deuxième fois que l'ex-dirigeant sort de prison. En novembre, il avait quitté sa cellule pendant quelques heures pour un interrogatoire à Curitiba.

Mais il n'avait été autorisé à assister fin janvier aux obsèques de son frère Vava, mort d'un cancer à 79 ans, qu'une fois celles-ci commencées. Il avait dénoncé "une pure méchanceté".

Ce nouveau drame personnel a valu à Lula des témoignages de sympathie, y compris de ses ennemis politiques, tel le président de l'Assemblée nationale Rodrigo Maia, qui lui a exprimé sa "totale solidarité".

- "Un voyou en vue" -

Mais une fois de plus, l'un des fils du président Jair Bolsonaro, le député Eduardo, a créé la polémique.

"Lula est un prisonnier de droit commun. Quand un parent d'un autre prisonnier meurt, est-il lui aussi escorté par la police fédérale pour aller aux obsèques ?", a-t-il demandé sur Twitter.

"L'autorisation de sortie provisoire de Lula est absurde", a-t-il ajouté, "elle ne fait que permettre à un voyou en vue de se faire passer pour une pauvre victime", a-t-il poursuivi, déclenchant l'indignation de nombreux internautes.

Face au tollé, il a diffusé un deuxième tweet dans lequel il a assuré que, "hors de toute considération idéologique", la mort d'un enfant était "désolante et indésirable".

Son père, le président Jair Bolsonaro, habituellement très disert sur Twitter, mais qui avait souhaité à Lula de "pourrir en prison", observait le silence.

La figure iconique de la gauche brésilienne est emprisonnée pour avoir reçu un appartement en bord de mer de la part d'une entreprise de bâtiment en échange de faveurs.

Le 6 février, Lula, qui nie toute culpabilité, a été condamné à 12 ans et 11 mois de prison dans le cadre d'une autre affaire.

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