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Canada: coup d'envoi mercredi des législatives, Trudeau talonné

Canada: coup d'envoi mercredi des législatives, Trudeau talonné
Le Premier ministre canadien Justin Trudeau donnera officiellement mercredi le coup d'envoi de la campagne pour les élections législatives. Photo prise le 26 août 2019 à Biarritz (France)Ludovic MARIN

Justin Trudeau donnera mercredi le coup d'envoi officiel de la campagne pour les législatives du 21 octobre: talonné dans les sondages par les Conservateurs, le Premier ministre libéral canadien devra batailler ferme pour décrocher un deuxième mandat.

M. Trudeau se rendra mercredi à 10H00 (14H00 GMT) chez la Gouverneure générale du Canada (représentante de la reine Elizabeth II, cheffe d'Etat en titre) Julie Payette, a annoncé son bureau. Il demandera à la gouverneure de dissoudre la chambre des Communes, a déclaré à l'AFP une source dans l'entourage du dirigeant canadien.

La campagne électorale pourra alors officiellement débuter, même si dans les faits, le Canada est est plongé dans une ambiance pré-électorale depuis le début de l'été.

L'annonce intervient alors que le Parti libéral (PLC) de M. Trudeau est repassé en tête des intentions de vote pour les législatives, après des mois de coude-à-coude avec les conservateurs (droite), indique un sondage publié mardi.

Mais le dirigeant libéral de 47 ans devra se méfier, lui dont l'image de marque a pâli depuis un an et demi après un voyage désastreux en Inde et après un scandale politique en début d'année.

Justin Trudeau est arrivé au pouvoir en promettant aux Canadiens de "faire de la politique autrement", mais il a été accusé en août par un haut fonctionnaire indépendant du Parlement d'avoir indûment fait pression sur l'ancienne ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould, pour qu'elle intercède en faveur d'une société québécoise, SNC-Lavalin, afin de lui éviter un procès criminel pour corruption.

Seulement 31% des Canadiens approuvaient son travail, dans un sondage Angus-Reid publié la semaine dernière.

Le dirigeant libéral aura pour principal adversaire le conservateur Andrew Scheer, qui en sera cependant à sa première campagne comme chef, tout comme Jagmeet Singh du Nouveau parti démocratique (NPD, gauche).

Sa formation centriste est créditée de 38% d'intentions de vote contre 34% pour le Parti conservateur, selon le sondage publié mardi par l'institut Mainstreet Research, pour le compte du groupe de presse Capitales Médias.

- Politique contradictoire -

Les Verts d'Elizabeth May pourraient créer la surprise et devenir la troisième formation politique au Parlement fédéral avec 11% des intentions de vote, selon le sondage.

Les Canadiens seront appelés à renouveler les 338 sièges des Communes, où les libéraux disposaient de 177 sièges avant la convocation des élections, contre 95 pour les conservateurs et 39 pour le NPD.

L'économie et l'environnement arrivent en tête des priorités des Canadiens, selon une autre enquête publiée la semaine dernière.

Les principaux voyants sur le plan économique sont au vert pour le gouvernement sortant: la croissance économique a atteint ce printemps 3,7% en rythme annuel et 81.000 nouveaux emplois ont été créés en août, avec un taux de chômage se situant près de son plus bas niveau depuis plus de 40 ans.

Parmi les principaux engagements tenus, son gouvernement a légalisé en octobre la consommation récréative du cannabis et accueilli plus de 40.000 réfugiés syriens.

Sur l'environnement, Justin Trudeau se pose en champion de la lutte contre le changement climatique, mais ses adversaires lui reprochent de mener une politique contradictoire.

Son gouvernement a adopté une taxe carbone, mais a également nationalisé à fort prix un oléoduc dont la capacité doit être triplée pour exporter davantage de pétrole issu des sables bitumineux de l'Alberta, principale source de gaz à effet de serre du Canada.

Le chef conservateur Andrew Scheer promet de son côté d'abolir la taxe carbone dès son arrivée au pouvoir.

Le gouvernement de Justin Trudeau avait également promis en 2015 un retour du Canada sur la scène internationale, mais la diplomatie canadienne a plutôt dû, pendant un an et demi, se consacrer (avec succès) à la renégociation ardue de l'Accord de libre-échange nord-américain exigée par l'imprévisible président américain.

Et depuis près d'un an, la cheffe de la diplomatie canadienne, Chrystia Freeland, se démène pour obtenir la libération de deux Canadiens détenus en Chine, dont un ex-diplomate, arrêtés après l'interpellation début décembre à Vancouver d'une dirigeante du géant chinois Huawei, à la demande des autorités américaines.

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