Child Focus demande le rapatriement rapide d'enfants de djihadistes blessés ou en situation précaire

Child Focus demande le rapatriement rapide d'enfants de djihadistes blessés ou en situation précaire
Image d'illustration

La Fondation Child Focus, a demandé jeudi le "rapatriement rapide" par les Occidentaux des enfants de djihadistes blessés ou en situation précaire dans les camps du nord-est syrien sous contrôle kurde, évoquant le décès de trois enfants nés de parents belges.

Selon Child Focus, la situation humanitaire dans ces camps, notamment celui d'Al-Hol, s'est aggravée depuis l'arrivée récente de nombreuses familles amenées de Baghouz (est), le dernier réduit du groupe Etat islamique reconquis le 23 mars par l'alliance arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS). "Child Focus demande le rapatriement rapide des enfants qui sont là, on parle d'orphelins, d'enfants (...) victimes de rapts parentaux et on parle d'enfants maintenant blessés" dans des combats, a déclaré sa directrice générale Heidi De Pauw à la radio radio publique La Première.

Mme De Pauw, en contact avec des familles belges, a fait état de deux nouveaux décès survenus "récemment" d'enfants "nés là-bas", après un premier remontant à février 2018.

Les deux plus récents, a-t-elle souligné, concernent "un enfant qui n'avait pas assez de nourriture et est décédé suite à ça et un autre enfant blessé qui n'a pas eu les soins nécessaires".

Elle a précisé à l'AFP que ce dernier décès, la semaine passée, était lié aux combats de Baghouz ou ses environs. "Un enfant d'un an et demi a été mortellement blessé par une balle perdue", a assuré Mme De Pauw.

Ces décès n'ont pas pu être confirmés par d'autres sources pour l'instant.

Sollicité par l'AFP, le ministère belge des Affaires étrangères a simplement rappelé la ligne officielle arrêtée en décembre 2017, à savoir "faciliter le retour des enfants (de djihadistes) de moins de 10 ans" localisés et dont "la filiation avec un parent belge est prouvée".

Outre cette question de filiation à prouver, une source gouvernementale a recensé au moins deux autres "difficultés pratiques": celle de la séparation des enfants d'avec les mères (dont le retour n'est pas souhaité), et le fait d'avoir pour interlocuteur "une autorité sur place qui n'est pas étatique", à savoir l'administration kurde.

Il y a actuellement une quarantaine d'enfants belges "localisés" dans les camps sous contrôle kurde d'Al-Hol, Roj et Aïn Issa, a dit Mme De Pauw à l'AFP. Une majorité d'entre eux a moins de six ans, et quatre sont sans aucun parent.

Parmi les jeunes enfants, une fillette présente avec sa mère a dû récemment être amputée d'un bras.

La "priorité" selon Mme De Pauw doit être de soigner les blessés et mettre en sécurité les orphelins en les rapatriant.

Child Focus, fondation d'utilité publique pour enfants disparus et sexuellement exploités, a été sollicitée dès 2012, au moment des premiers départs en Syrie, par des familles belges d'enfants partis à l'insu d'un des parents ou des grands-parents.

Bruxelles estime que quelque 160 enfants et adolescents belges, nés là-bas ou emmenés de Belgique, ne sont jamais revenus de zone de guerre.

En proportion de son nombre d'habitants (11 millions), la Belgique a été avec la France un des premiers fournisseurs de combattants djihadistes étrangers. Quelque 400 départs d'adultes belges ont été recensés depuis 2012. La majorité d'entre eux sont revenus ou sont morts sur place.

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