Chine: confondu avec un maître espion condamné, l'écrivain Ma Jian ironise

Chine: confondu avec un maître espion condamné, l'écrivain Ma Jian ironise
L'écrivain chinois en exil Ma Jian s'amuse d'avoir été confondu dans certains médias avec son homonyme, un ancien maître-espion qui vient d'être condamné à la prison à vie pour corruption. JOEL SAGET

L'écrivain chinois en exil Ma Jian a choisi l'ironie après avoir été confondu par plusieurs médias qui ont publié son portrait pour évoquer un ancien chef du contre-espionnage chinois qui vient d'être condamné à la prison à vie et porte le même nom que lui.

"Non content de partager mon nom, l'espion corrompu en chef Ma Jian, l'ancien vice-ministre de l'agence responsable de mon interdiction de séjour en Chine, a également dérobé mes traits", s'amuse l'écrivain sur Twitter.

L'ancien chef du contre-espionnage chinois a été condamné jeudi pour corruption à la prison à vie par un tribunal du Liaoning (nord-est de la Chine). Il a été reconnu coupable notamment d'avoir touché des pots-de-vin.

Les noms des deux hommes, l'ancien espion et l'écrivain, s'écrivent avec les mêmes caractères chinois.

"Mes enfants sont sidérés d'apprendre que je ne suis pas l'auteur de China Dream, qui leur a permis de déguster des boulettes aux algues pour le souper, mais plutôt un ancien maître espion qui vient d'être emprisonné à vie pour avoir accepté des +pots-de-vin extrêmement généreux+", ironise encore Ma Jian dans un autre tweet, en référence à plusieurs articles à l'illustration erronée.

"Suis-je un romancier interdit rêvant d'être un maître espion corrompu, ou suis-je un maître espion corrompu rêvant d'être un romancier interdit?", poursuit l'écrivain, badin.

Les livres de Ma Jian, qui vit à Londres, ont été interdits en Chine après que son premier roman sur les voyages d'un jeune journaliste chinois au Tibet eut été qualifié de "pollution spirituelle" par le gouvernement chinois.

L'ironie du destin veut également que l'écrivain ait été autorisé à revenir en Chine il y a six ans à la suite d'une autorisation spéciale des autorités pour qu'il puisse assister à l'enterrement de sa mère, une autorisation signée notamment par... Ma Jian, l'espion.

"C'était digne de Kafka. Ma Jian donnant la permission à Ma Jian", raille l'auteur sur Twitter.

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