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CIJ: la Bolivie se bat avec le Chili pour un accès à la mer

CIJ: la Bolivie se bat avec le Chili pour un accès à la mer
Le président bolivien Evo Morales (à gauche) salue le vice-ministre des Affaires étrangères chilien Alfonso Silva lors de la première journée d'audience devant la Cour international de justice de La Jerry Lampen

Le président bolivien Evo Morales a espéré lundi une décision "équitable" de la Cour internationale de justice (CIJ) pour que son pays enclavé retrouve un accès souverain à l'océan Pacifique, que lui refuse le Chili depuis plus d'un siècle.

La Bolivie, pays le plus pauvre d'Amérique latine, cherche à ramener son voisin chilien à la table des négociations pour résoudre le différend sur l'accès précieux à la mer, qui mine leurs relations bilatérales.

Lors de la première des sept journées d'audience devant la Cour basée à La Haye, La Paz a exhorté Santiago à reprendre les pourparlers, avançant que le Chili avait "l'obligation de négocier avec la Bolivie afin de parvenir à un accord".

"Nous sommes venus ici après 139 ans de confinement maritime pour démontrer au monde que le Chili n'a pas respecté ses engagements", a déclaré le président bolivien Evo Morales, dont la présence à La Haye symbolise l'importance de cette affaire pour son pays.

"La cause de la Bolivie est une cause juste", a-t-il ajouté.

La Bolivie est devenue enclavée après avoir perdu son accès à la mer à l'issue d'une guerre de quatre ans contre le Chili en 1883.

Après plus d'un siècle de négociations infructueuses avec Santiago, La Paz a déposé une plainte auprès de la CIJ en avril 2013.

"Le Chili s'est toujours engagé envers la Bolivie pour mettre fin à son enclavement", a affirmé devant le tribunal l'ancien président bolivien, Eduardo Rodriguez Veltze, membre de la délégation, soulignant que l'absence d'accès à la mer avait un effet dévastateur sur le développement du pays.

"La croissance annuelle du PIB de la Bolivie serait supérieure d'au moins 20% si elle n'avait pas été privée d'un accès à la mer", a-t-il dit, indiquant que le pays avait autrefois 400 kilomètres de littoral le long du désert d'Atacama.

"La Bolivie est née avec la mer et les deux sont inséparables: depuis son enclavement forcé, notre pays ne peut profiter des richesses et des opportunités offertes par les océans", a déclaré Evo Morales lors d'une conférence de presse.

Santiago n'a pas tardé à réagir et estime que les frontières entre les deux pays ont été définies par un traité signé en 1904. En ce sens, "le Chili n'a aucune obligation de négocier avec la Bolivie", a déclaré le président chilien, Sebastian Piñera.

M. Piñera a toutefois ajouté que son pays restait "disposé à écouter et à dialoguer avec la Bolivie, étant entendu que c'est la meilleure façon de gérer les relations entre deux pays voisins".

Plus d'une vingtaine de militants boliviens étaient présents devant la CIJ pour défendre "une question de justice", affirmant que la perte de la mine de Chuquicamata, la plus grande mine de cuivre à ciel ouvert du monde qui se trouve dans la zone disputée, avait gravement touché les peuples indigènes du pays.

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