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Cologne et ses citoyens ont contré l'extrême droite ‘anti-islamisation’

"Nous sommes Cologne - les nazis dehors! ": habitants et commerçants de la métropole rhénane sont descendus en masse dans la rue samedi pour gâcher la fête d'un mouvement d'extrême droite qui avait convié des responsables européens à un "congrès anti-islamisation". Rassemblées sur la place de la célèbre cathédrale et alentour, plusieurs dizaines de milliers de personnes selon la police ont protesté, à l'appel d'organisation variées et d'Eglises, contre la tenue de ce "congrès" organisé depuis vendredi par Pro Köln (Pour Cologne), un mouvement "citoyen" qui dénonce la "dénaturation" de l'Allemagne et en particulier la construction d'une grande mosquée à Cologne.
La police a annulé la manifestation contre l’islam pour "la sécurité des Colonais"
Ce rassemblement public prévu par Pro Köln ce samedi en milieu de journée dans la vieille ville derrière le slogan "Stoppez l'islam! " a été interdit au dernier moment par la police, pour raisons de sécurité. Quelque 3.000 policiers venus de toute l'Allemagne étaient mobilisés, par crainte notamment que des militants d'extrême gauche, dits "antifascistes" ou "autonomes", n'en décousent avec les sympathisants de Pro Köln comme ils l'ont déjà fait. Confrontés dès le matin à des jets de pierre et à des manifestants violents essayant de leur voler leurs armes, des policiers ont usé de matraques et de lances à eau pour les repousser. Avant de décider d'interdire carrément le rassemblement de Pro Köln, car "la sécurité des Colonais a la priorité absolue". Filip Dewinter y était invité ... "C'est une dictature! ", s'est insurgé un membre de Pro Köln en apprenant la nouvelle, tandis que le député européen Andreas Mölzer, membre du FPÖ autrichien et invité de Pro Köln, dénonçait un "scandale antidémocratique". Pro Köln tablait sur 1.500 participants, dont le leader du parti flamand Vlaams Belang Filip Dewinter, l'Italien Mario Borghezio, député européen de la Ligue du Nord, et une délégation du FPÖ autrichien comprenant son secrétaire général Harald Vilimsky.
Du maire aux hôtels en passant par les cafés, toute la ville répudiait les "racistes"
Mais confrontés à des sit-in et à d'autres actions menées par des contre-manifestants, moins d'une cinquantaine d'invités de Pro Köln avaient réussi dans la matinée à rejoindre le lieu de rendez-vous des festivités. A l'inverse, des classes entières de lycéens, des familles, des membres de syndicats et d'autres organisations sont descendus en masse dans la rue , sous un ciel bleu. Sur les pancartes et banderoles colorées dont ils s'étaient munis, on pouvait lire "Non au racisme", "Ensemble contre la terreur et la violence" ou encore "Cologne se rebiffe". Le maire de Cologne Fritz Schramma (CDU) avait lui-même appelé sa ville à se montrer "intolérante" , tout en recommandant de manifester dans le calme. Devant une foule de manifestants samedi, il a pris la parole pour dénoncer les "bruns" de Pro Köln, "des incendiaires et des racistes" qui se cachent derrière le paravent d'un mouvement de "citoyens". Pro Köln compte cinq élus municipaux et convoite d'autres mandats dans la région. En ville, quelque 150 bars affichaient des banderoles "Pas de Kölsch pour les nazis" - la Kölsch étant la bière locale. Des taxis et des chauffeurs d'autobus refusaient de prendre en charge les "congressistes" de Pro Köln. Un hôtel avait même annulé des réservations de chambres , jugeant ses hôtes indésirables.

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