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Colombie: des candidats Farc "agressés", le parti suspend sa campagne

Colombie: des candidats Farc

(Belga) Le parti issu de l'ex-guérilla colombienne des Farc a annoncé vendredi suspendre sa campagne électorale pour les scrutins législatif et présidentiel, en l'absence de "garanties" après des "sabotages" et des agressions" ayant visé certains de ses candidats.

"Compte tenu des faits survenus contre nos candidats, principalement Rodrigo Londoño (Timochenko), candidat à la présidentielle (...), la décision a été prise de suspendre (la campagne) tant que le gouvernement ne nous donnera pas les garanties minimales" pour la poursuivre, a déclaré Imelda Daza, candidate à la vice-présidence. Les Colombiens sont appelés à désigner leurs parlementaires le 11 mars puis leur président le 27 mai, deux scrutins au cours desquels l'ex-guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie, désormais dissoute et reconvertie en parti politique - la Farc, Force alternative révolutionnaire commune -, présentera des candidats pour la première fois. Timochenko, leader de la Farc et candidat à la présidence, a dû annuler plusieurs déplacements pour raisons de sécurité et a dû être protégé de menaces d'agressions pendant des meetings ou à la sortie d'entretiens, a assuré Imelda Daza. Avec 1% des intentions de vote, il se situe en dernière position parmi les candidats, selon les récents sondages. Selon Mme Daza, Ivan Marquez, ex-commandant de la guérilla et candidat au Sénat, est lui aussi menacé: lundi, il a dû annuler une apparition dans le cadre de la campagne dans la ville de Florencia (sud), après des "appels à la violence" de la part d'un sénateur du parti d'opposition Centre démocratique. Ces "actes de sabotage" proviennent de secteurs de la société qui avaient fait campagne pour le Non à l'accord de paix, soumis à un vote des Colombiens en octobre 2016, assure la candidate à la vice-présidence. L'accord de paix avait été rejeté au cours de ce vote, entraînant la renégociation du texte, fruit de quatre ans de discussions à Cuba. Les Farc et le gouvernement de Juan Manuel Santos avaient finalement signé en novembre 2016 un accord remanié, mettant fin à un demi-siècle de conflit armé. L'accord garantit aux rebelles 10 sièges au Parlement - cinq dans chaque chambre - pour deux périodes de quatre ans, mais pour cela l'ex-guérilla doit participer aux élections. Le président Santos, qui quittera la présidence en août après deux mandats de quatre ans, a demandé jeudi aux Colombiens de rejeter les agressions dont sont victimes les candidats de la Farc. (Belga)

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