Colombie: homicides en hausse dans les zones de coca depuis la paix

(Belga) Les homicides ont augmenté en 2017 dans les zones de culture de coca, depuis la mise en oeuvre de l'accord de paix avec l'ex-guérilla des Farc, désarmée et reconvertie en parti politique, selon un rapport publié mardi.

Le taux d'homicides pour 100.000 habitants est passé en moyenne de 35,5 en 2016 à 39,5 en 2017, soit +11%, dans les 183 communes du pays comptant des plantations de coca, matière première de la cocaïne, selon ce rapport "Comment va la substitution? Bilan 2017" de la Fondation Idées pour la Paix (FIP). Dans les 36 localités où le gouvernement a initié l'an dernier un plan de substitution des plantations illicites, et qui concentrent 52% des 146.000 hectares de narco-cultures, les homicides ont augmenté de 33%, passant de 41,1 à 54,7 pour 100.000 habitants. "La majorité des municipalités qui ont enregistré des hausses du niveau des homicides ont été affectées par les affrontements entre groupes armés illégaux et par leur réorganisation" suite à la sortie des Farc de leurs anciens territoires, selon la même source. Le nombre d'homicides en Colombie, principal producteur et exportateur de cocaïne du monde, était jusque là en baisse, avec en 2016 un taux de 23,66 pour 100.000, soit le plus bas depuis 15 ans. La FIP avertit que le démantèlement des Farc a laissé de nombreux acteurs armés "sans aucun type de régulation", outre les bandes impliquées dans le trafic de drogue. La Colombie est encore confrontée aux actions de l'Armée de libération nationale (ELN, guévariste), considérée comme la dernière guérilla active, à des gangs issus de la démobilisation des paramilitaires d'extrême-droite en 2006, et à des dissidents des Farc. Dans l'accord de paix signé en novembre 2016, l'ex-guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes) s'est engagée à contribuer à la lutte contre le trafic de drogue, l'une de ses anciennes sources de financement. Le gouvernement s'est fixé comme objectif l'éradication de 50.000 hectares de plantations illicites de coca et la substitution par des cultures légales de 50.000 autres hectares. "La politique anti-drogue qui privilégie la destruction des plantations et des laboratoires n'a pas été compensée par la présence de l'Etat, la protection des communautés et le contrôle des menaces", déplore la FIP, en soulignant "l'étape d'incertitude" qui s'annonce avec le changement de gouvernement suite aux élections législatives de mars, et présidentielle de mai-juin. (Belga)

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