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Colombie: une vingtaine d'ex-guérilleros des Farc assassinés en 2018

(Belga) Au moins 22 combattants démobilisés de l'ex-guérilla des Farc ont été assassinés depuis le début de l'année en Colombie, a indiqué mardi le Parquet.

Le dernier meurtre a visé Juan Vicente Carvajal, alias "Misael", ex-commandant du 10e front des Farc, a déclaré à la presse Martha Janeth Mancera, directrice au Parquet de l'Unité spéciale d'enquête pour les leaders communautaires et les militants des droits humains. "Misael", libéré de prison après la signature de l'accord de paix fin 2016 suite auquel l'ex-guérilla a déposé les armes et s'est convertie en parti politique, a été assassiné lundi soir dans le département d'Arauca, frontalier du Venezuela, a-t-elle ajouté. Le chef du parti politique Farc, Rodrigo Londoño, alias "Timochenko", a déclaré que l'ancien commandant guérillero "a joué un rôle de premier plan dans les conflits qui ont eu lieu dans l'Arauca (nord) et qui ont ouvert tant de blessures". Juan Vicente Carvajal "avait connaissance (...) de la présence d'éléments paramilitaires et de la dissidence dans la région, qui menacent publiquement les ex-membres des Farc", a ajouté "Timochenko" dans un communiqué. Mme Mancera a pour sa part indiqué que le Parquet avait établi les circonstances de neuf des 22 assassinats répertoriés et que pour neuf autres "il y a des avancées significatives", tandis que pour les quatre autres, l'enquête débute. Sur les neuf cas résolus, quatre meurtres ont été attribués à l'Armée de libération nationale (ELN), dernière guérilla active en Colombie qui négocie un accord de paix avec le gouvernement depuis février 2017. Deux ont été attribués au Clan del Golfo, principal gang du pays formé par d'anciens paramilitaires d'extrême droite démobilisés en 2006, et deux autres par des dissidents des Farc. Aucun groupe armé n'est impliqué dans le dernier, a ajouté la fonctionnaire du Parquet. L'ex-guérilla a plusieurs fois reproché au gouvernement de ne pas respecter ses engagements inscrits dans l'accord de paix, notamment en ce qui concerne la protection des anciens rebelles, de leurs familles et des militants du parti Farc. Le Parquet avait précisé en février que, depuis la signature de l'accord de paix le 24 novembre 2016, 40 ex-combattants des Farc et des proches de l'ancienne rébellion ont été assassinés, ainsi que 10 leaders communautaires associés au nouveau parti de gauche. En plus d'un demi-siècle, le conflit colombien a vu s'affronter guérillas, paramilitaires d'extrême droite et forces armées, faisant plus de huit millions de victimes entre morts, disparus et déplacés. (Belga)

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