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Les négociations avec la Chine "se passent très bien", assure Trump

Les négociations avec la Chine
Le vice-premier ministre chinois Liu He et le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin se serrent la main, entourés du représentant américain au Commerce Robert Lighthizer et du govuerneur de laNicolas ASFOURI, NICOLAS ASFOURI
Chine

Donald Trump a assuré vendredi que les négociations pour mettre un terme au conflit commercial avec la Chine "se passent très bien" mais a réitéré qu'il ne paraphera rien de moins qu'un "excellent accord".

Le président américain s'exprimait de sa luxueuse résidence privée en Floride où il passe le week-end, alors que ses deux principaux négociateurs, le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin et le Représentant américain au commerce Robert Lighthizer, sont sur le chemin du retour à Washington après deux jours de discussions à Pékin avec leurs homologues chinois.

"Les négociations commerciales se passent très bien. On verra bien ce qui va se passer mais ça se passe très bien", a lancé le président, avant de rappeler ce qu'il n'a de cesse de répéter: "il faudra que ce soit un excellent accord. Si ce n'est pas un excellent accord on ne le fera pas".

Les propos présidentiels viennent faire écho à ceux de son principal conseiller économique, Larry Kudlow, qui avait fait état "de beaucoup de progrès" un peu plus tôt dans la journée sur la chaîne CNBC, alors qu'un bref communiqué de la Maison Blanche évoquait des discussions "franches et constructives" à Pékin.

En général, l'expression de "discussions franches" est toutefois utilisée par les diplomates pour signifier que les différends restent marqués.

Côté chinois, pas de déclarations de responsables mais la télévision d'Etat CCTV a donné le ton en indiquant "que les deux parties avaient discuté le texte de l'accord et fait de nouveaux progrès".

Ni les Américains ni les Chinois n'ont donné de détails sur ces progrès que tous ont vantés.

Le président américain a simplement affirmé que la négociation "était très complète (...), une liste détaillée des problèmes que nous avons eus avec la Chine par le passé".

Les négociations reprendront à Washington le 3 avril et la délégation chinoise sera menée une nouvelle fois par Liu He, véritable chef d'orchestre de l'économie chinoise et négociateur en chef.

Le scénario des rencontres, alternativement à Pékin et Washington, est bien rodé depuis le début de cette année avec la reprise de véritables négociations entre la première et la deuxième économie du monde. Il s'agit de tenter de mettre fin à la guerre commerciale déclenchée par Donald Trump pour forcer Pékin à réformer des pratiques qu'il juge "déloyales".

Mais les deux pays tardent à sceller un accord.

Le conflit s'est matérialisé par des droits de douane punitifs réciproques sur des centaines de milliards de dollars de marchandises.

- Le temps au temps -

Outre un rééquilibrage des échanges de biens --un déficit record de 419 milliards de dollars en 2018-- Washington réclame des changements "structurels" du système économique chinois, toujours dominé par des groupes publics subventionnés par l'Etat. Mais les divergences persistent.

"Certains progrès ont été réalisés mais il reste une énorme quantité de travail à accomplir" pour trouver un compromis, avait concédé jeudi Gao Feng, porte-parole du ministère chinois du Commerce.

L'administration du président Trump espère également aplanir les différends sur la volonté du régime communiste de faire du pays un leader technologique en protégeant certaines entreprises via l'ambitieux programme "Made in China 2025".

Mais Washington se dit prêt à négocier le temps qu'il faudra pour avoir un accord qui lui convienne, d'autant que le président américain estime avoir un avantage dans la négociation parce que la Chine est en difficulté économique.

Jeudi, M. Kudlow avait déjà insisté: "Ce n'est pas une question de temps, c'est une question de politique et de mise en oeuvre", laissant entendre que les Américains avaient le temps d'attendre "plusieurs semaines ou plusieurs mois".

La semaine dernière, le locataire de la Maison Blanche avait aussi averti que les tarifs douaniers punitifs qu'il a instaurés pourraient rester "en place pour une période conséquente".

Le président américain veut maintenir ces taxes sur plus de 250 milliards de dollars de produits chinois importés aux Etats-Unis parce qu'il veut "être sûr", si un accord est conclu avec la Chine, "que celle-ci le respectera".

Les Américains insistent beaucoup sur un mécanisme de suivi de la mise en oeuvre d'un futur accord, M. Trump et certains de ses proches conseillers étant très sceptiques quant à la volonté de Pékin de tenir ses engagements.

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