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Corée du Nord: réunion prochaine du Parlement sur fond de détente

Le Parlement nord-coréen, simple chambre d'enregistrement des décisions du parti unique, se réunira en avril pour une session annuelle qui sera scrutée de près pour voir si elle renforce le dégel en cours avec Séoul et Washington.

Le processus de détente occasionné par les jeux Olympiques d'hiver en Corée du Sud a vu le président américain Donald Trump accepter un sommet avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un.

L'organe législatif du pays reclus doté de l'arme nucléaire ne se réunit qu'une à deux fois par an, la plupart du temps pour une session d'une seule journée consacrée à l'approbation du budget ou d'autres décisions de routine préparées par le Parti des travailleurs de Corée.

Il arrive cependant qu'il annonce des informations capitales, comme en 2012 lorsqu'il avait approuvé une révision de la Constitution pour déclarer officiellement que la Corée du Nord était un Etat nucléaire.

"La sixième session de la 13e Assemblée suprême du Peuple de la République démocratique populaire de Corée sera convoquée à Pyongyang le 11 avril", a rapporté jeudi l'agence officielle KCNA, sans préciser l'ordre du jour.

D'après Cheong Seong-Chang, analyste à l'Institut Sejong, elle pourrait être l'occasion d'un remaniement au sommet alors que Kim Jong Un tente de sortir le régime de son isolement international.

Kim Yong Nam, 90 ans, chef de l'Etat aux fonctions largement honorifiques, qui a effectué une visite rarissime au Sud le mois dernier pour assister aux JO, pourrait être l'un des hauts cadres à partir, a jugé l'analyste.

"En cette période où Kim Jong Un est mis en avant pour des sommets avec le Sud et les Etats-Unis (...) le leadership nord-coréen pourrait estimer (qu'un nouveau) président du présidium doit jouer un rôle plus actif en matière de diplomatie".

En Corée du Nord, le président du présidium de l'Assemblée populaire suprême occupe les fonctions de chef de l'Etat.

- effervescence diplomatique -

Kim Yong Nam pourrait être remplacé par le chef de la diplomatie Ri Yong Ho, qui joue un rôle essentiel dans l'effervescence diplomatique actuelle, y compris avec des entretiens à Stockholm le weekend dernier. La Suède représente les intérêts américains à Pyongyang.

La session parlementaire "va encore accélérer les changements générationnels (au sein du pouvoir nord-coréen) et renforcer la mainmise de M. Kim", a estimé M. Cheong.

Les propositions de Pyongyang visant à organiser un sommet intercoréen qui serait suivi par un face-à-face entre Donald Trump et Kim Jong Un ont été relayées par Séoul qui a missionné une délégation au Nord en début de mois.

Mais le Nord n'a pas confirmé. Hormis un commentaire de KCNA sur le fait que ce ne sont pas les sanctions qui ont poussé Pyongyang au dialogue, la Corée du Nord est restée silencieuse sur la détente en cours, soulevant des inquiétudes quant à ses intentions.

Afin de préparer le sommet intercoréen, Séoul a proposé en attendant que des entretiens à haut niveau aient lieu jeudi prochain à Panmunjom, village frontalier où fut signé l'armistice de la guerre de Corée (1950-53).

Séoul va également envoyer à Pyongyang des stars de K-pop, la pop sud-coréenne, qui offriront les premiers spectacles de musiciens sud-coréens en Corée du Nord depuis 2007.

Séoul et Washington ont annoncé la reprise le 1er avril de leurs exercices militaires annuels, qui avaient été reportés pour cause de JO. Mais ils seront raccourcis d'un mois alors que ces manoeuvres ne manquent jamais de susciter l'ire de Pyongyang.

Le rapprochement survient après deux années d'escalade durant lesquelles la Corée du Nord a mené des essais nucléaires et des tirs de missiles, dont certains sont capables de porter le feu nucléaire sur le territoire continental des Etats-Unis.

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